Quelque part en Egypte...

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mardi 3 avril 2018

lanzarote,  randos et volcanisme -Février mars 2018

La plus ancienne des Canaries , la plus au nord.
 Quand nous sommes  arrivés,  le printemps ou le peu de pluie faisait que la première couleur qui  sautait  aux yeux c'était  le noir des champs de cendre volcanique qui recouvre de grandes parties de l'îl et le rouge de ces pierres vieilles comme le monde...


 Puis un matin (il avait plu dans la nuit ), le vert est apparu. Vert de l'herbe rare et des arbres tout aussi rares  qui arrivent à pousser à travers les blocs de lave. lanzarote ce sont donc des champs de lave datant de 1730, dont émergent les dômes volcaniques du rift de Timanfaya,  des chaos de morceaux de lave dressés par la poussée d'autre blocs avançant inexorablement.
Les volcans ont crachés sans interruption de 1730 à 1736 sous les yeux des habitants de l'île assurés que le diable avait encore frappé et que dieu les punissait pour leurs péchés! Et bien non le volcanisme sur les Canaries date de bien avant l'invention du boss suprême par l'homme ; une vingtaine de millions d'années. Rebelote en 1824. moins puissante,  l'éruption laissera des traces dans le paysage.

Lanzarote c'est l'histoire de l'adaptation de l'homme à son environnement.
Après la catastrophe,  il faudra bien vivre , se nourrir et ces paysans cultivant majoritairement des céréales, se retrouvant avec des étendues couvertes de plusieurs cm voire plusieurs m de cendre,  et bien vont se mettre à la vigne. Comment?  En creusant les épaisseurs de cendre jusqu'à retrouver le sol où ils planteront leurs ceps.  ce qui fait que chaque plant se retrouve au fond d'un trou.

Dur de cultiver ça mais les avantages sont nombreux: d'abord on produit donc on commerce donc on gagne de l'argent. Et puis,  la cendre (ils appellent ça le picon) retient l'humidité de la nuit et finalement les plants sont à l'abri du vent ce qui sera consolidé par des murettes entourant les creux.  cC qui donne un paysage unique,  un vin étonnant qui est long en bouche et qui a de la cuisse (non là je m'égare:  je n'y connais strictement rien) enfin un breuvage à boire à la fin de la rando, avec des  tapas dans quelques fincas, à regarder ce paysage à la gloire de l'ingéniosité humaine.

Christophe Colomb disait qu'il y a trois plantes fondamentales : le blé pour nourrir le corps, la vigne pour nourrir l'âme et l'aloé vera pour soigner les deux.
Aloé véra qui sera donc une des production de l'île:  en pommade,  en liquide,  en cachet.  C'est bon pour tout!  Enfin c'est ce que disent les revendeurs...

Le figuier de barbarie est également cultivé.  Hélas en déclin, on en tire  la cochenille,  cette bestiard qui se reproduit sur ses feuilles et dont on tire une teinture rouge.  De nos jours,  on lui préfère les couleurs chimiques.
Rajoutons au paysage quelques troupeaux de chèvres qui permettent la production de fromages à déguster  avec le vin.
Et bien sûr le tourisme.
 Là , il faut parler de César Manrique artiste qui se bagarrera pour son île,  s'en inspirera dans ses tableaux et ses réalisations architecturales.


Premier combat : arrêter le bétonnage de l'île commencé dans les années 1970.  Manrique au volant d'une mauvaise 4L surmontée d'un haut parleur fera prendre conscience de l'âme de l'île, de son bâti si particulier et mettra dans sa poche élus et population, virera les spéculateurs,  stoppera les chantiers,   faisant même  démolir pas mal d'immeubles .
Sur ses conseils , les critères de l'île seront appliqués à toutes nouvelles constructions:  murs d'un blanc éclatant, pas plus de trois étages,  habitat regroupé le plus possible.
L'inconvénient sera que ne pouvant s'élever, les constructions s'étaleront.comme  à Costa Teguisé, Playa blanca et Puerto del Carmen:  endroits où l'on trouve du tourisme de masse.

 iI suffit donc d'éviter ces endroits là pour se retrouver dans des paysages parsemés de petits villages blancs.
 Mes préférés:  Tinajo:  son marché, son bistrot sur la place. Soo,  au pied d'un volcan et sa "sociétad": une maison des jeunes pour les vieux du village qui tapent le carton, discutent et où l'on peut manger pour pas cher. Playa Quemada un jour de tempête,  petit village de pécheurs avec ses deux restaurants et ses maisons pieds dans l'eau (surtout les jours de tempête ) ses plages de galets /graviers noirs que l'on ne peut atteindre qu'à marée basse ou en passant par le haut de la falaise.



Pour les réalisations de Manrique,  sa maison,  qui est aujourd'hui la fondation Manrique ,  qu'il fera construire en utilisant les grottes volcaniques d'un champ de lave: le salon dans l'une,  la cuisine dans une autre,  avec des couloirs pour relier tout ça.  Passage ouvert sur le ciel. Dans un recoin une grande baie vitrée donne sur la mer au loin.  des plantes   pendent des plafonds et tableaux et sculptures étonnent le visiteur à chaque pas Picasso, Tapiès, Miro plus les locaux Gonzalès, Soto, Delgado. 1200 m2 pas mal comme sweet home!

Le mirador del Rio,  en haut d'une falaise face à l'île de la Graciosa. Obligatoire:  boire un café en regardant l'océan derrière de grandes vitres rondes:  ça vous donne du moral pour terminer l'hiver loin des taux de CSG et des cours de la bourse .

Le parc national de Timanfaya: là c'est un peu compliqué.  On ne peut pas s'y promener seul. Protection du milieu oblige. Donc c'est aménagé, donc il y a beaucoup de monde.
1/ prendre son ticket à l'entrée et suivre la route qui monte vers le centre des visiteurs (bouchons, attente type périphérique parisien)
2/ Une fois arrivés au parking, des agents vous placent et  c'est un bus qui vous fera emprunter une route qui serpente dans les champs de lave  avec un commentaire pré enregistré . C'est beau, étonnant, hélas on ne peut pas s'arrêter puisque un autre bus attend derrière.
3/ Retour au centre des visiteurs pour une démonstration de cuisson de cuisse de poulets à la chaleur volcanique,  jets de vapeur,  embrasement de bois sec garantis! Soyons justes :c'est bien organisé et si on n'aime pas ce genre d'endroit et bien on n'y va pas.

randos.
ce n'est bien sûr pas un topo détaillé;  juste histoire de donner envie! Pour plus de précisions:  "lanzarote, guia de senderismo " par Ignacio romero. L'ouvrage  existe en Espagnol ou en Anglais. On y trouve également la description de la traversée de l'île Nord Sud en une semaine de marche. 

L'OT distribue une "bike and hike road map" peu précise.

La caldeira de los cuervos y montana colorada; 

Dominante: volcanisme 

7 à 8 km.  Rando en deux parties.  Départ du parking sur la route entre Mancha Blanca et la Geria ; la caldeira,seule au milieu de la plaine,  est très visible.
1/ La caldeira, dont on fait le tour.  On peut même  rentrer dans le cratère.  Belle leçon de géologie; les couleurs et les formes des roches laissent rêveur tant on imagine les forces en action lors des éruptions. Tout au long, des panneaux explicatifs (on est dans le parc national des volcans).
 Retour au point de départ.  Changer la voiture de place car le parking de départ pour l'autre boucle se trouve un peu plus au nord (ça évite de marcher sur la route).
2/ Montana colorada:  des couleurs partout.  du noir au rouge en passant par toutes sortes de nuances de brun. On voit l'exploitation du picon côté nord et une énorme bombe volcanique côté est. panneaux explicatifs itou.

Playa Blanca,  playa de papagayo 

Dominante: océan, côte déchiquetée ,  histoire.

 Rando à coupler avec  baignade, farniente et bronzage . 7km ,si on suit le sentier, 10km si on suit la côte, les caps et les descentes  vers les plages. Beaux paysages sauf la ville dePlaya Blanca à moins que l'on aime les clubs house, les hôtels 5 étoiles.
Pour la  partie historique,  c'est là que les Normands débarquèrent au XV siècle;  d'autres traces plus vieilles:  des captages d'eau,  des citernes construites soit par les Berbères soit par les Phéniciens.

Pico Redondo 

dominante chèvres et tapas.

Un peu plus sèrieux -6 km -A partir du village de Fémes,  passage d'un col au milieu des troupeaux de chèvres puis le sentier (difficile) continue à flanc,   quelquefois abîmé par les biques au milieu des figuiers de barbarie jusqu'au degollado de los Portugues. Là,  On change de flanc. Plus loin un  abri de berger en pierres permettra de se mettre à l'abri du vent qui est fort de ce côté! Du sommet que l'on atteint à vue,  il suffit de redescendre de l'autre côté, retrouver le col et la voiture juste à côté du bistrot où quelques tapas attendent.


Teguise- Caletta de Famara 

Dominante:  bof?? -pas très intéressant -13km mal balisés mais on voit la Caletta et l'océan au loin, alors il suffit d'être logique .  A partir de Teguise, c'est une chapelle blanche (la chapelle St Raphael ) au sommet d'une colline qui sert de point de passage.  Une fois arrivé là,  la piste démarre juste derrière une balise! continuer en direction de l'océan . Des fours à chaux sont visibles à droite de la piste.  Arrivés  sur la plage de caletta , l'arrêt de bus   pour Teguise est à l'entrée du village, face au supermarché (A l'OT de Teguise on vous donne les horaires des bus).

Caldera Santa Catalina et montana los Rodéos 

Dominante lave, paysages, végétation .

11km .  Superbe ballade avec panorama et champs de lave,  fleurs qui tentent de survivre entre les blocs de pierre. Départ sur la L 256 au parking à la sortie de Tingaton c'est une boucle qui fait le tour de la caldeira,  puis au milieu ascension de la montagne los Rodéos par un chemin très visible.  redescente par le même chemin et reprise du chemin du tour vers le parking en traversant des coulées de lave récentes . itinéraire logique.


La Geria 

Dominante "agricole" 10km

Départ sur la LZ 30à la "bodéga de la Geria".  Première partie au pied du mont Diama:  jardins, et ces enclos à vignes si particuliers.  Les petits ceps,  au fond de leur trou tout secs en ce début de printemps ne laissent pas présager une belle récolte et des vins goûteux.
Après trois km,  le chemin traverse la route (bodéga Stratus) et on repart de l'autre côté;  d'abord dans les vignes puis montée oblige, l'itinéraire passe entre deux montagnes La Garda et La Guaima (ascension en aller retour à partir du col). Puis descente sur l'autre versant,  contourner  la montagne tout ça à vue et assez logique pour arriver à un panneau (le seul dans le coin ) qui nous indique le retour. Superbe descente dans le "picon" et les figuiers de barbarie.  De nouveau ,les champs de vignes et la bodégua la Geria pour un petit verre.

Barranco de la Higuera à playa Quemada 

Dominante géologie, adaptation à l'absence d'eau,  baignade,  poisson frit.

 Superbe et pas pénible! (nécessite deux voitures ou un taxi)
A partir de Fémes,  (voir rando du Pico redondo) le départ est le même jusqu'au col à chèvres (10 mn du village) et de là, descendre tout droit jusqu'à la mer Le début est raviné (les chèvres ) après c'est bien tracé et pas de risque d'erreur. en bas du barranco, ne pas aller jusqu'à la mer mais tirer à gauche, suivre le bord de la falaise direction playa Quemada que l'on voit un peu plus loin . Un chemin vous mènera en moult lacets jusqu'à une plage de gravier noir et là, plouf, baignade.  Puis suivre la plage jusqu'au village (attention à marée haute) pour le retour en voiture au point de départ-ou  repas à l'un des restos (on y passerait bien plusieurs jours à Playa Quémada)

Caldera blanca 8 à 10km suivant l'itinéraire de descente .  Dominante: toute

A partir de Mancha blanca, la balade est balisée à travers des champs de lave récents. En bordure du parc national. Petit à petit, on s'élève vers le bord supérieur du cratère. là aussi belle leçon sur le volcanisme et la petitesse de l'être humain (vous m'en écrirez trois pages).  Le chemin suit le haut du cratère- vue à 360 degrés de toute l'île- Le fond du cratère est couvert d'herbe verte;  étonnant ! et un petit troupeau de brebis  broutent là. Là aussi, l'itinéraire est logique. Arrivé au sommet ,on peut soit revenir par le même chemin soit, un peu plus scabreux, continuer le tour et descendre côté ouest. retour au point de départ. S'il y a une rando obligatoire , c'est bien celle - là.


Ile de la Graciosa  

Dominante:  Robinson Crusoé

Au Nord de Lanzarote.  Départ en bateau de Orzola  environ 30 mn de traversée-8 à 10 km à partir du port d'arrivée, Caletta del Sobo.  Partir le long des plages, plein ouest ,gravir la montagne toute seule au milieu du paysage puis retour tout droit vers le port!  Tout ceci est tellement logique qu'il n'y a pas besoin d'explication et encore moins de cartes!! Attention toutefois à la descente de la montagne: ça glisse . En tout cas, c'est de la bombe! ( Je traduis:  à faire absolument )  dernier bateau pour le retour: 17h 30.  Sinon: dodo sur la plage.

Pour conclure un beau voyage qui alterne culture et randonnées.  c'est ce qu'on aime .  Chaque île des Canaries est différente: il suffit de se promener, de se documenter un minimum, de rencontrer les habitants et nous voilà avec de nouvelles images dans la tête.



Photos: Chantal



1 commentaire:

  1. Superbe visite de quelques îles des Canaries. Les photos sont splendides. Bravo pour ce superbe reportage. Jm Schneider

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