Quelque part en Egypte...

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vendredi 28 février 2014

En chemin vers Compostelle

En chemin vers Compostelle

 2008 voie du Puy jusqu'à Saint Jacques et Fisterra
2011 voie d'Arles puis la voie aragonaise
2013 voie du Puy et camino frances

PARTIR...Il arrive ,un jour,  que l'envie du départ se fait irrésistible.
Ce moment a été si longtemps préparé ,
si longtemps rêvé .
Tout notre corps est habité
d'une impatience irrépressible.
On part avec enthousiasme
mais aussi avec une peur qui rendra blanche
 la dernière nuit.
Désir de tenir le quotidien à distance,
fuite volontaire et réfléchie,
Trouver un rythme différent,
simplifier au maximum nos exigences,
faire basculer nos habitudes, bousculer sa vie,
pour se réconcilier avec le passé.


Je ne saurais pas trop dire pourquoi, je suis parti vers Compostelle.
Sans doute un mélange de lecture  et de cet instinct
qui vient du fond des âges et qui pousse l'homme à voyager.
Et puis, il y avait cette image du portail de la gloire
 qui représentait deux musiciens jouant d'un drôle d'instrument :
l'organestrum.

Je me suis dit :  « il faut que j'aille voir ça ! »


Il faut dire aussi que je suis issu d'une famille de chapeliers !
Et Saint Jacques est le patron des chapeliers puisque ,
dit la légende, il aurait, un jour de grand froid, garni ses sandales de poils de lapin  .
La transpiration, et le foulage du poil sous les pieds de l'apôtre donnèrent naissance au feutre .
Et puis Un apôtre qui porte chapeau ne peut pas être foncièrement mauvais !

Alléger son sac pour ne porter  que l'essentiel


Un mécréant sur les chemins de Compostelle ou marcher pour arrêter de penser en rond

Bon récapitulons :
les chemins de Santiago c'est:
-des ampoules, des tendinites, des coups de soleil
-des gîtes remplis de ronfleurs (moi?non bien sûr)
-La pluie sous une cape qui se déchire au premier coup de vent
Et la sempiternelle question  «mais qu'est-ce que je fais là?»
MAIS
c'est aussi:
-des ampoules bien vite oubliées.
-des gîtes au soirée de franche rigolade,l’entraide, l'écoute.
-la marche,  bien à l'abri sous une cape rafistolée avec du sparadrap (le même que pour les ampoules)
et toujours la sempiternelle question : «ai-je envie d'être ailleurs?»







Traverser des paysages et simplement les regarder





San Nicolas del real camino-Espagne






Cruz de ferro au petit matin
Des moments que je garderai longtemps en mémoire

J'ai traversé l'Aubrac sous un ciel lourd, 
les éclairs zébraient le ciel.
Plus tard, c'était  la méséta,
si belle, immense mais qui cache un  désastre humain et écologique. ,
Toulouse et Montpellier , Burgos et Léon :  
zones commerciales ,industrielles, autoroutes, 
camps de gitans réduits à vivre dans la boue.
 Les villages déserts, les monuments pour ceux qui sont morts au front ;
 je me suis frotté au camino business : 
les coquilles, les bâtons, la compostellane en latin . 
Mais j'ai aussi rencontré Simone qui a partagé avec moi
 les légumes de son jardin, 
les religieuses de Carrion de los Condes,  soignantes attentives. 
Tous ces inconnus qui déposent devant leur maison un thermos de 
café pour ceux qui passent, Thomas de Manzarin 
qui m'a offert une médaille un jour de grand vent .
Et tant d'autres.
Et puis , un matin, je suis arrivé à Fisterra ,
 le voyage était terminé. J'ai longuement regardé l'océan 
en me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant.
 Et finalement, je suis redescendu au village boire un verre de vin.





Vidéo du Puy à Saint Jacques Automne 2013

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