Pérou, pisco et coca...
Il
y a très longtemps, sur les rives du lac Titicaca, apparut un homme
barbu appuyé sur un grand bâton, il s'appelait Viracocha. Comme il
se sentait seul au bord de cette grande étendue d'eau, il décida de
créer le monde. Il commanda donc au soleil d'apparaître à
l'horizon puis à la lune et aux étoiles. Ce qui fut fait. Puis à
l'aide de l'argile qui tapissait le fond du lac, il modela des
silhouettes de terre toutes différentes ; il y avait des hommes et
des femmes qui allaient devenir les tribus du Pérou. Les prenant
dans sa main, il leur transmit le souffle de la vie. Quand ceci fut
fait, il leur donna à chacun un langage différent, les nourrit
avec du maïs et les envoya aux quatre coins de l'horizon.
Amantani
au milieu du lac Titicaca
Le
Pérou, c'est d'abord des visages avec en commun un sourire pour vous
accueillir. Le langage n'étant pas toujours bien compris, un sourire
sert d' introduction à la rencontre. Puis ce sera la visite de la
maison du jardin, la présentation des enfants, des anciens, prélude à
notre installation dans ces petites maisons d'adobe recouvertes de
tôles qui ont l'air si fragiles dans ce pays de tremblements de
terre. Puis la vie reprend : les femmes préparent le repas souvent sur
une simple gazinière quelquefois, encore, sur les vieux fours en
terre. Dehors le jour est tombé et les petites ampoules alimentées
par des capteurs solaires suffisent à éclairer la conversation qui
à force de gestes et de photos montrées plus trois mots d'Espagnol, continue jusqu'à tard dans la nuit.
D'abord, prononçons correctement : Titi Kar'ka -ce qui en Aymara veut dire
rocher du Puma-
La
légende dit que (il y a longtemps) les hommes vivaient ici
tranquilles, pépères... Tout était possible sauf de gravir la montagne
où les dieux faisaient la sieste. Évidemment le diable les tenta
en leur promettant de trouver là haut le secret du feu. Et ce qui
devait arriver arriva, les hommes escaladèrent le mont et ... se
firent dévorer par des pumas. Les dieux attristés se mirent à
pleurer tant et tant qu'ils inondèrent la vallée qui devint lac.
Heureusement un couple réussit à s'échapper et firent tout ce qui
était en leur pouvoir pour repeupler le pays.
Et
ils ont bien travaillé parce qu'aujourd'hui il y a 30 millions de
Péruviens.
Des
petites maisons au toit de tôle rouge, séparées par des jardins
ocres en ce moment de l'année. Le maïs sort à peine de terre mêlé aux fèves. Tout ceci étagé sur les flancs de la montagne et un
labyrinthe de chemins et d'escaliers relie tout ça. Les habitants vous attendent au débarcadère pour vous mener chez eux. Ici les
habitants fonctionnent en coopérative et les touristes sont répartis
équitablement dans les familles.
Bon,
ça c'est sur l'île d'Amantani au milieu du lac Titicaca. En ville, la vie est bien différente avec télé frigo et ordi... Mais toujours le
sourire et le bonheur de recevoir, restent.
Dysneyworld au bord du Lac Titicaca ou les îles flottantes
Les
couleurs sont belles. Les habits des insulaires contrastent avec le
doré des roseaux dont sont faits les radeaux sur lesquels les Uros
construisent leurs maisons. Au péage (et oui, avant d'arriver , il
faut montrer patte blanche) déjà , je ressens comme un petit air
d'abattage touristique. Et nous voilà sur les îles que les
documentaires du monde entier nous montrent comme authentiquement
authentiques. Sauf que vos photos montreront en arrière plan une
ribambelle de touristes (dont nous faisons partie), Nikon en bandoulière . Une touche de tradition avec l'explication débitée par
cœur de la fabrication des radeaux et hop , visite d'une maison où
l'on vous montre une télé et deux planches de contreplaqué parce
qu'il n'y a rien d'autre à montrer. Une habitante authentiquement
authentique vous montre les fabrications du lieu : bonnets,
couvertures avec une fougue que ne nierait pas un trader sorti de
HEC. Mais où sont donc les métiers à tisser ???
Je
crois que c'est là le lieu qui m'a le plus déplu au Pérou. De
retour d'Amantani, nous repasserons près de ces îles, le soir :
elles seront désertes : les habitants seront tous repartis vers
Puno. Allez donc voir ailleurs ; le Pérou déborde de lieux
tellement plus chaleureux. Ne serait- ce que la traversée du lac
d'abord dans les roselières puis sur une eau complètement démontée
où la seule question est : le bateau est-il assez solide ?
Vive l'aventure !
Sicuani
et Raq'chi
C'est
la fête à Sicuani. L'occasion faisant le Péruvien, c'est souvent
que c'est la fête. Là tous les villages et toutes les associations
de la région se réunissent pour former un défilé des plus curieux. D'abord en costume traditionnel, musiciens et danseurs puis la
police municipale (!!) qui danse en s'envoyant des bouteilles
d'alcool derrière la cravate. Je ne vois qu'une explication :
c'est pédagogique. Puis les associations de promotion de la santé .
Et nous avons droit au char du cancer de la prostate, celui du sein
et enfin fermant la marche un condom sur patte lance des préservatifs
dans la foule. Et ça marche mieux que la télé car toute la ville
et là à regarder et... à mettre dans sa poche le préservatif
offert.
Nous
logeons dans une maison entourée d'un grand jardin plein de fleurs, accueillis par une famille adorable efficace et consciente de son
rôle. Le soir nous avons droit à un pachamanca : repas traditionnel
préparé dans un four construit en petites pierres volcanique pour
l'occasion. De la viande, des patates, des fèves recouverts de
terre. Tout cela cuira une heure avant que le four ne soit détruit et
la nourriture savourée. Tout cela sous un ciel plein d'étoiles.
(Mais où est donc la croix du Sud ?)
Et
route vers Raq'chi dans un minibus qui a dépassé depuis
longtemps l'âge de la retraite avec les bagages vaguement arrimés
sur le toit. Mais le conducteur est tellement gentil...
Et
voici Raq'chi, petit pueblo aux murs et aux rues de terre.
Une porte s'ouvre et nous voilà dans une cour intérieure verdoyante accueillis par Sonia et sa famille . Nous nous tasserons dans la petite cuisine pour partager le repas servi avec tant d'attention. Puis ce sera une ballade dans les ruines incas qui entourent le village avec Alfredo qui parlera avec beaucoup d'enthousiasme des croyances de son peuple et nous offrirons quelques feuilles de coca à Pachamama tandis que le dieu soleil se couche derrière les collines ocres et or. Beau moment de partage. Merci à tous.
Une porte s'ouvre et nous voilà dans une cour intérieure verdoyante accueillis par Sonia et sa famille . Nous nous tasserons dans la petite cuisine pour partager le repas servi avec tant d'attention. Puis ce sera une ballade dans les ruines incas qui entourent le village avec Alfredo qui parlera avec beaucoup d'enthousiasme des croyances de son peuple et nous offrirons quelques feuilles de coca à Pachamama tandis que le dieu soleil se couche derrière les collines ocres et or. Beau moment de partage. Merci à tous.
Légende
de la coca par
Dora Justiano de la Rocha
« Il
existe une légende depuis des temps très anciens. Elle nous raconte
que Khana Chuyma, un sorcier entre les sages s’occupait du temple
du soleil du Titicaca sacré. Avec révérence et très
soigneusement, il accomplissait fièrement son travail. Khana,
le grand devin au service de l’empereur inca a prédit un destin
incertain : “des hommes blancs sont déjà en train de se
rapprocher. Ils viennent de terres très lointaines. Ils s’apprêtent
à piller les trésors cachés des quechuas et des aymaras”. Quel
destin malheureux ! Il faut cacher les trésors du temple du soleil.
Qu’il ne reste aucun vestige pour les âmes étrangères. Ces
trésors seront sans danger dans le lac sacré de Titicaca. Qu’il
garde pour lui tout cet or ! Connaissant
les secrets de Khana Chuyma, les espagnols le cherchèrent partout et
rapidement l’emprisonnèrent. Avides de richesse, ils lui firent
subirent mille tourments. Fatigué de tant de cruauté, Khana leur
donna de jolis filigranes. Pour
Khana, cette singulière prévision fut un vrai martyr. Plus tard, il
rêva de son Dieu Soleil, il lui apparut, irradiant derrière une
montagne et il lui dit d’un ton résigné : “mon pouvoir ne peut
rien contre ces dieux de blancs”. Secoué,
Khana le supplia : “Mon Dieu, donne-moi une faveur, une faveur
durable qui consolera mes frères de leurs douleurs et misères”.
Et c’est alors que l’être supérieur des Andes leur donna cette
grâce. Dans
les hauteurs d’une montagne, très fatigué, le sorcier Khana,
écouta la voix du Dieu Soleil : “Regarde autour de toi ces petites
plantes de feuilles vertes et ovales. Je les ai fait germer pour toi
et c’est un miracle en ce jour. C’est
de la coca, et ses feuilles donneront de la force à celui qui les
mastiquera, elles endormiront la peine et calmeront la fatigue”.
Khana retourna dans sa cabane, content du présage qu’il révéla
aussitôt. “Et
dans le fond de la mine, quand le travail vous submergera, d’extraire
des montagnes, l’or, l’argent et le cuivre et tant d’autres
métaux précieux, alors mastiquez de la coca : vous supporterez la
pénombre et la terreur qui domine dans ces bas-fonds. A
l’inverse, si l’homme blanc en absorbe, il lui arrivera alors le
contraire, il perdra la tête, il deviendra bête jusqu’à en
devenir fou. Pour l’indien, ce sera le bien-être. Pour
connaitre le futur, on jette les feuilles de coca au vent et elles
tomberont en dessinant des formes et c’est ainsi que ce qui est
obscur se clarifiera et l’esprit sera encouragé par des
prédictions optimistes qui le conduiront sur le bon chemin”. Khana
Chuyma en mourant, répéta ceci à ses frères : “cultivez avec
beaucoup de soin cette plante merveilleuse qui nous a été léguée
par notre Dieu Soleil, faites attention à ce qu’elle ne s’éteigne
pas”. Et le sorcier moribond soupira profondément. Ses
frères Aymara étaient tristes que ce grand sorcier cesse de vivre.
Ils le veillèrent pendant trois jours. Ils le pleurèrent avec
beaucoup de douleur. Et sa tombe fut entourée des petites plantes de
coca, qui poussèrent avec beaucoup de ferveur. Les
Aymaras conversèrent beaucoup sur la coca et ses mystères, car
autour d’eux, la verdure de la feuille les éblouissait. Ils la
mastiquèrent et promirent de s’en occuper. Ainsi leur tristesse se
dissipa et ils restèrent admiratifs devant la coca. Avec
vénération et amour à l’immortel Khana, les habitants du lieu
propagèrent les bienfaits de cette plante mystérieuse. Ils la
cultivent depuis lors. Ils s’en servent comme médicament s’ils
sont fatigués ou s’ils souffrent de quelques maux. »
La
route entre Raq'chi et Cuzco ou ''El Zorro''
Et
voici ''El Zorro'' le bus locco qui fonce sur la grande
route, s’arrêtant de temps en temps pour enfourner passagers et
bagages. Il coupe les virages, fonçant le long des précipices,
attaque les montées pied au plancher et redescend au point mort,
double sur les lignes jaunes (mais ça tout le monde le fait),
trace sa route à coup de klaxon et d'appel de phares. Et le
conducteur fait tout ça et plus puisqu'il mâchouille son repas en
conduisant. Derrière, chacun s'accroche à ce qu'il peut pour tenir
debout et la marchande de gelées multicolores passe imperturbable dans l'allée,
vendre des confiseries qui en ont vu d'autres. Heureusement les
images pieuses de tous les saints accrochées au rétroviseur nous
protègent. ''Knocking on heaven's door''
Et
l'on sortira de là les jambes un peu flageolantes mais avec la
certitude d'avoir vécu un moment d'exception.
Les
incontournables
Nazca
et les îles Balestas :
En
commun, on peut y voir les fameuses lignes gravées dans le sol :
le candélabre à Balestas et à Nazca (qu''il faut découvrir en
avion) des lignes, des spirales mais aussi un singe, un oiseau
mouche, un condor, un jaguar un ''astronaute'', une araignée... Beaucoup de théories, peu de certitudes : un calendrier
astronomique ? un site chamanique ? un lieu de préparation
des fils de trame des linceuls faits d'un seul fil ? aire
d'atterrissage des extra terrestres ? Des marques pour retrouver
les filets d'eau dans cette région si aride ? En tout cas ces
dessins atteignent leur but : nous faire rêver et imaginer
l'impossible.
Dans
les îles Balestas, la seule question qui vient à l'esprit est : « Jusqu'à quand ce paradis pour animaux des mers sera t-il
protégé ? »
Machu
Picchu
Dernière
étape, celle que l'on gardera dans la tête même si le site est
terriblement fréquenté. Nous aurons la chance de monter à pied -2 heures- de très bonne heure, vers ''la vieille
montagne'', doucement, avec à chaque virage l'espoir de voir
enfin les fameuses ruines et bien non, vous ne les verrez qu'en y
arrivant. Le site est incroyable. Quel génie a su profiter avec
autant de perfection du site naturel ? Profiter de la place
somme toute assez étroite entre les montagnes, y placer les zones
d'habitations, les temples sacrés et les étages de culture. Tout
cela sans déplacer des tonnes de terre (enfin...) et en utilisant les pierres
trouvées sur place ?
Place
à Pablo Neruda :
« Machu
Picchu est un voyage à la sérénité de l'âme, à la fusion
éternelle avec le cosmos. Là bas nous sentons notre propre
fragilité... Un havre de papillons à l'épicentre du grand cercle
de la vie.
Un
miracle de plus. »
Pour
continuer le voyage encore plus, la montée jusqu'au Waina Picchu, deux
heures de plus à se tirer à des câbles incertains et gravir des
escaliers branlants . Mais en haut... « Quand tu arrives au
sommet de la montagne, continue à monter » Waouh !!!
Le site de Moray et les salines de Maras
Les Incas sont vraiment de grands administrateurs. en quelques 130 ans , ils ont su unifier une ribambelle de peuples, construire un empire organisé et planifier l'agriculture pour tout ce petit monde (enfin manière de parler puisque l'empire incas mesurait près de 4000km de long . Moray faisait partie de cette organisation là. Le nom vient de Aymoray -le maïs- ou de Moray -la patate- (3000 espèces de connues !!) Un amphithéâtre de terrasses qui en fait créent des microclimats ce qui fait que les températures sont différentes de haut en bas et sur lesquelles nos braves incas faisaient pousser 250 plantes différentes. Ces terrasses suivent les courbes de niveau. Le site servait à acclimater de nouvelles espèces , produire de la semence mais aussi à prévoir les récoltes dans tout l'empire (Tahuartisuyu, si je ne m'abuse)
Les Incas sont vraiment de grands administrateurs. en quelques 130 ans , ils ont su unifier une ribambelle de peuples, construire un empire organisé et planifier l'agriculture pour tout ce petit monde (enfin manière de parler puisque l'empire incas mesurait près de 4000km de long . Moray faisait partie de cette organisation là. Le nom vient de Aymoray -le maïs- ou de Moray -la patate- (3000 espèces de connues !!) Un amphithéâtre de terrasses qui en fait créent des microclimats ce qui fait que les températures sont différentes de haut en bas et sur lesquelles nos braves incas faisaient pousser 250 plantes différentes. Ces terrasses suivent les courbes de niveau. Le site servait à acclimater de nouvelles espèces , produire de la semence mais aussi à prévoir les récoltes dans tout l'empire (Tahuartisuyu, si je ne m'abuse)
A suivre...
Un grand merci à Jeimy, qui représente si bien l'avenir de son pays
à
Patricia et Tomasa Salas alarcon d' Arequipa
à
Anita et Soledad de Puno
à Rebecca de l'île d'Amantani
à
Gerarda de Sicuani
à
Sonia, Graziella et Sixto de Raq'chi
à
Luisa de Cuzco et à Ilda de Lima







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