Quelque part en Egypte...

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mercredi 10 décembre 2014

Du center park des Chambarans aux Rencontres d'ici là : petite réflexion sur le paysage et l'avenir qu'on nous concocte


D'abord ce terme de center park me donne nausée et mal au ventre: on ne peut donc pas trouver un mot dans la langue de Villon et Rabelais ? Peut-être est-ce un manque de courage ? Ou un manque d'imagination de la part des promoteurs Alors, allons piocher dans l'anglais . Je propose de remplacer cela par « parc de recentrage »
Car je  me méfie des « centres » : du centre commercial au parti du centre, du centre ville à la centralisation , tout y est organisé: la pensée, le mouvement, la circulation, le temps et personnellement, plus je m'en éloigne , mieux je me sens.





Et oui Le centre ne vaut que si on s'en éloigne : c'est la force centrifuge ; celle qui nous fait valdinguer loin, très loin du centre et encore plus du center et rêver à des lendemains qui chantent , c'est la force qui fait exploser les barrières et délivre l'imagination.

Le contraire, la force centripète , c'est le complexe touristique proposé dans les Chambarans : la force qui va faire qu'au mois de Juillet des milliers d'individus vont venir s'agglutiner là pour quelques jours persuadés par une superbe pub et un mot anglais y trouver aventure et dépaysement : sûr ! une bulle tropicale dans l'Isère,  ça dépayse 
      
                                        (définition toute personnelle : défaire le pays).

Allez plutôt passer vos vacances chez les gens du coin : vous y vivrez l'aventure de la vie, celle que l'on vit tous les jours et « qui est parfois si jolie »

Quand j'étais môme, je ramassais des châtaignes et des champignons à cet endroit. J'en garde la mémoire .ça fait partie de moi et de tous les gens qui ont pu y traîner leurs guêtres Il n'est pas question de vouloir le garder tel qu'il était (il y avait un camp militaire là haut) mais de réfléchir ensemble sur ce que représente un tel lieu dans le monde où l'on habite tous. Il n'est donc pas question de laisser se développer tel ou tel projet sans réflexion, sans débat collectif : comment organiser notre monde ? Qu'est-ce que cela veut dire de traverser un lieu le matin pour aller au boulot ? que veut-on y voir ? de quoi avons nous besoin ? Et vice versa qu'apporte ce lieu à notre vie ? La journée sera t-elle meilleure ?


Je ne parlerai pas des problèmes d'eau, de zones humides d'autres le font mieux que moi (cf le lien avec Reporterre) je dis simplement regardez ce qu'est devenu le paysage livré au tout économique .Parcourez la vallée du Rhône,  la côte méditerranéenne . On peut faire autrement que détruire systématiquement un espace pour y construire des bâtiments qui dans 20 ans seront démolis.

                                                       Bon , expérience scientifique :

Trouvez six différences entre le centre commercial Machin à Dunkerque et le centre commercial Truc à Marseille Et oui vous n'y arrivez pas : conclusion il n'y en a pas. 

                                        nivellement du paysage, nivellement de l'individu . 

Tout est prévu l'organisation de l'espace a été programmée dans un bureau à coup de traits sur des cartes. Comment est figuré sur une carte le travail de centaines de générations ? Regardez une carte de l'Europe: il y a des mégalopoles (véridique: complètement mégalo) et puis des zones qui sont plus ou moins en marge la Grèce, par exemple . Merci pour les Grecs, qui aujourd'hui sont obligés de vendre leurs îles, leurs plages, leurs espaces . Pareil dans   le sud  de l'Italie ...

Je m'inquiète du classement de parties de l'espace en « zone natura 2000, zones sensibles, protégées,d’intérêts... » certes elles sont ainsi protégées mais que vaut cette protection si à trois kilomètres de là on vous colle un centre (encore un!!)de stockage de déchets nucléaires ou autre, un centre commercial à hangars en ferraille et ronds points incorporés ou autre joyeuseté ?? Ou alors décrétons tout territoire « zone à respecter ». 
Ce genre de classement sauve ce qui peut être encore sauvé mais, flûte, on mérite mieux que ça.


                                                              Petite pub : 

allez en Ardèche aux rencontres d'ici là mi-septembre à Genestelle en Ardèche; 


on y parle de tout ça de manière conviviale citoyenne et plurielle « des rencontres pour s’interroger sur notre rapport au paysage, au territoire ; qu'il soit citoyen, poétique, sensible, imaginaire » Et en plus tout ça dans la joie et la bonne humeur et puis c'est un lieu magnifique.

Je leur pique une phrase d'Henri Michaux  que je transmets aux ZADistes de chambarans ,du Testet, aux grévistes de la faim en Grèce avec toute mon admiration:

« Autrefois, j'avais trop le respect de la nature. Je me mettais devant les choses et les paysages et je laissais faire. Fini, maintenant j'interviendrai. »

le site des rencontres http://lignesdhorizon.org/
dossier complet sur le center park des Chambarans:
http://www.reporterre.net/spip.php?article6642


et pour finir, une prophétie de l'ami Rabelais :

  « Ceste année les aveugles ne verront que bien peu, les sourdz oyront assez mal: les muetz ne parleront guières: les riches se porteront un peu mieulx que les pauvres, & les sains mieulx que les malades. »

Photos des rencontres: Chantal

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