Le sentier littoral portugais
puis le chemin de l'eau et des pierres en Espagne
Mai juin 2019
Porto - Viana do Catello - Vigo - Pontevedra -Santiago
350km 14 étapes
La plus courte 15km, la plus longue 32 (mais on l'a faite en bateau.)
C’est un sentier
qui suit au plus près le littoral atlantique tant au Portugal qu'en
Espagne. Il emprunte des sentiers, des passerelles de bois pour
protéger les dunes mais aussi quelquefois des tronçons de routes
en particulier côté espagnol. Mais quelques conseils glanés auprès
des gens du lieu permettront de les raccourcir. Et pour terminer, le
superbe chemin des pierres et de l’eau et la remontée en bateau
de l’estuaire de Padron. Allons-y…
Porto : nuit
blanche ou presque dans la vieille ville. Il faut dire que l’auberge
de jeunesse, le Downtown hostel, donne directement sur une place où
les supporters fêtaient la victoire de leur équipe préférée.
Quelle équipe ? Mystère. Bref le sommeil fut rare et nous
voilà à 7h du matin devant un petit dej réparateur.
Première décision :
plutôt que de traverser la moitié de la ville en suivant les quais
du Douro, nous prenons le métro ligne A, jusqu'à Matoshinos,
arrêt Mercado. Là le pont nous amène tout droit à la mer que nous
allons suivre pendant 18 km sur des chemins de bois.
A partir de
12h, le vent du nord -le Nortada- se lève. Il nous accompagnera
jusqu'au soir. Nous longeons des praia (des plages), des phares
avec pour toile de fond, l’océan superbe de puissance. Arrivée à
15h dans le petit village de pêcheurs d’Angueiras puis plus loin,
Labruge, où une auberge proprette nous accueille, douche chaude et
nuit calme. Prêts à repartir !
Deuxième
étape : Labruge-Povoa de Vazim Départ tranquille après un
petit dej dans une boulangerie du cru. Direction : les pontons de bois
qui serpentent dans les dunes. Soudain sur cet itinéraire plat
comme ce n’est pas permis, une montée jusqu'au promontoire de
San Paio (100m, sans rire) où l’on découvre des rochers gravés
comme l'on en découvrira tout au long du chemin. Ceux-là semblent
avoir été gravés par des Vikings passant par là... Plus loin se
seront des fosses creusées dans le rocher qui permettaient de saler
le poisson.
De jolis petits
villages de pêcheurs comme Vita Cha parsèment la côte avec bateaux, nasses à homards (?) et vieux qui ravaudent les filets au soleil. Des
plages toutes aussi belles les unes que les autres, une urbanisation
bien maîtrisées ; tout cela nous offre une journée agréable. Gîte
San José de Ribamar, tout beau tout neuf…
Troisième étape :
Povoa -Marinhas : deux parties bien distinctes. D'abord, le bord
de mer puis des routes pavées au milieu des serres et des
chemins sous des eucalyptus.
Commençons par le
commencement : petit dej dans un bistrot où une vielle dame qui ne
comprend pas un mot de Français ou d’anglais (et nous qui ne
parlons pas portugais) nous servira un café et une tartine, mais
offerte avec bon cœur. La gentillesse vaut bien un sacrifice…
Le milieu de l’après
midi nous retrouve complètement paumés au milieu de nul part. Là
aussi un brave papy nous amène jusqu'à l’auberge en nous
guidant sur 2km sans s’arrêter de parler. Éreintant ! Et nous
voilà dans la petite station balnéaire de Marinhas . Là des
chambres un peu partout . Lessive et douche puis balade sur la plage
aux si belles pierres usées par les vagues.
Quatrième étape :
Marinahs – Viana do Castello : étape patates et oignons.
Rajoutons la morue et voilà la cuisine portugaise. Forêts
d’eucalyptus puis un superbe passage le long de la rivière de
Castello de Neva. Plus loin c’est l’église Santiago -minable- heureusement le sentier est agréable. Petit café dans un bistrot
du long de la route. Nous nous rapprochons du but de l’étape et
enfin (forte chaleur) dans une ouverture de la forêt nous voyons le
pont Eiffel qu’il nous faudra traverser pour arriver à Viana et
son auberge dans un ancien séminaire refait à neuf, très propre,
avec crucifix incorporé et compris dans le prix. Le luxe !
Cinquième étape et
dernière au Portugal : Viana do Castello-Caminhas La plus
longue jusque là : 30km. Mais aussi la moins bien balisée.
Départ dans une ville endormie et direction l’océan via la
nationale 113 sur 2km . On patauge au milieu d’un rond point ;
le guide nous indique un fortin comme point de repère... sauf que le
fortin en question est de l’autre côté d’une zone marécageuse.
Continuons donc de patauger!nous traversons les marécages en tentant
de ne pas mouiller nos pompes et nous voilà au pied du fortin où
passe une superbe piste !!
Rochers, plages,
moulins à vent témoins d’une autre époque, passage sur des
pontons mais aussi sur de petits sentiers qui serpentent dans des
landes à bruyères et qui nous livrent quelques surprises : gravures
de l’age de fer (toujours aux plus beaux endroits), bassins pour
récupérer le sel. Le sentier s’éloigne un peu du littoral et
emprunte une petite route pavée. Arrivée à 16h30 après une
approche de ville interminable (un boulevard rectiligne de 2km et
deux ampoules) le refuge est quasi plein. Tant pis ! Nous
prenons les derniers lits en hauteur, le nez contre le plafond.
Demain l’Espagne !
Caminhas-Porto
Mougas Bon j’abrège. Ce sera une étape marquée par :
1/ la traversée de
l’estuaire qui marque la frontière à bord d’une barque de
pêcheur... Et oui pour certains la traversée d’une frontière ne
pose pas de problème ; pour d’autres, c’est un véritable
calvaire...
2/et toujours pour
rester le plus près de la mer, le patron nous indique un chemin
côtier qui fait le tour du cap de Santa Tecla, fort joli, entre
pinèdes et bancs de rochers ; il nous rallonge de 3km mais
évite une rude montée suivie d’une aussi rude descente. Nous
retrouvons le balisage à La Guardia .
A Porto Mougas, l’auberge est perdue au bord de la route. Pas de visite de village
puisque pas de village.
Porto Mougas-Panxon : étape goudron via Baiona et Ramalasso. Le long de la route sur une
piste cyclable en corniche le long de l’océan puis sur un sentier
qui traverse des zones de nidification. Nous peinons à trouver un
hébergement. Finalement ce sera la pension Montevideo à Praia
Patos.
Panxon- Vigo : étape
balisage inexistant ou presque. Petit dej à Saians puis à partir de
là des flèches vertes récentes, d’autres jaunes effacées puis de
nouveau des jaunes toutes fraîches Tout cela allant évidemment dans
des sens contraires. Bref arrivée à Vigo à vue. Une visite à la
statue de Jules Verne sur le port en mémoire à la plongée du
Nautilus dans la baie de Vigo où un autre grand voyageur a traîné
ses baskets : Hemingway.
Vigo-Cesantès : mega
orage à la sortie de Vigo. On attend en mangeant des pains au
chocolat.
Belle piste sous les
eucalyptus jusqu’à Redondella puis Cesantès. Soirée avec des
Allemands . D'ailleurs ils sont en masse sur ce chemin.
Cesantès-Pontevedra :100 derniers km ; le nombre de marcheurs augmente. Départ
tranquille en suivant de jolis chemins de terre. Pont médiéval d
‘Arcade. Le soir après avoir trouvé un hébergement, visite du musée de Pontevedra avec une belle expo d’un
aquarelliste galicien : Maside. Pas facile de se loger à
Pontevedra.
Pontevedra-
Armanteira : la sortie de Pontevedra est pleine de marcheurs de tout
poids et toute largeur. Fort heureusement, tous partent vers la droite
par un itinéraire appelé chemin central. Nous on pique à gauche
pour suivre un sentier « la variante espiritual » appelée
ainsi par les pèlerins de Compostelle. Ce sera un des plus beau
passage du chemin. D’abord Poio et son monastère austère puis
Combara, village côtier et mignon et enfin Armanteira et son gîte
tout neuf.
La route des pierres
et de l’eau = Armenteira-Villanovo de Arousa. Il fait beau et le
sentier longe des torrents bordés par des moulins à céréales,
33 au total. Des petites construction de pierres qui abritent des
roues à aube horizontales.
La lumière du
soleil levant sur les fougères à travers les grands eucalyptus nous
accompagne . Puis c’est le rio Umia et ses rives ombragées, seule
ombre au tableau, des viticulteurs-cosmonautes dans leurs combinaisons
verdâtres traitent les vignes à coup de chimique. On passe en
courant…
Bel arrêt à 10h au
bar O Chiringo de Concha pour le sempiternel cafe con leche.
L’arrivée à Villanova est longue . Une vieille dame nous conduit
jusqu'au gîte qui se trouve dans un gymnase.
Achat des billets
pour la traversée du lendemain.
De Villanova à
Santiago en bateau puis à pied : La nuit fut bruyante: des marcheurs
qui arrivent tard, d’autres qui partent tôt et qui le font
savoir... bref debout à 6h30. Le bateau nous attend pour un départ à
8h, nous y arrivons à 7h30 et comme tout le monde est là, il part à
7h45. Belle traversée les mytiliculteurs au travail sur leurs
pontons et tout du long un froid de canard. Le capitaine nous
débarque à Pontecesures et nous reprenons la marche presque en
courant tant nous avons eu froid !
C’est Padron et
son immense marché de légumes, de fripiers, de bibelots en tout genre
puis Iria Flavia, plusieurs villages qui s’égrènent et que nous
traversons sous la chaleur. Heureusement des bistrots nous accueillent
et c’est l’arrivée à Santiago.
La cathédrale est
débarrassée de ses échafaudages mais je ne verrai toujours pas le
portail de la gloire qui, lui, est toujours sous plastique.
Descriptif:
-320km
-14 étapes.
Personnellement, les deux parties les plus agréables ont été la
partie portugaise et la route des pierres à partir de Pontevedra.
-balisage: flèches
jaunes : largement suffisant. L’étape Panxon-Vigo est balisée
en vert. Allez savoir pourquoi.
-coût 43€ par
jour y compris l’avion Lyon-Porto et le retour (bus plus avion ) ainsi
que les bières...
-hébergements
suffisants : refuges (Donativo ou aux alentours de 8€), pensions (environ 20€). Il faudrait éviter l’étape à Vigo : je
n’y ai trouvé que des hôtels plutôt chers. Pas de réservation.
-Fréquentation une
vingtaine de personnes chaque soir sauf à Caminhas et Pontevedra. Le
passage par la route des pierres et de l’eau évite l’affluence des
100km avant Santiago.
-restauration tout
ce qu’il faut : petit dej aux abords des refuges, pique nique à
12h et restau le soir pour des menus autour de 10€
-guide utilisé "Le
chemin côtier portugais"de Gérard Rousse à commander via internet
-Météo : on
fait avec.
-Retrait d’argent : partout
-Retour de
Santiago : attention les compagnies de bus Alsa et Eurolines ont
été rachetées par Flixbus : certaines destinations ont été
abandonnées. Il n’y a plus de guichet Eurolines et Flixbus à la
gare de Santiago : il ne reste plus que Alsa .
-Voilà,voilà.
Photos: Guy P.
Texte: Christian R.
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