Quelque part en Egypte...

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vendredi 19 juillet 2019

Le sentier littoral portugais 

puis le chemin de l'eau et des pierres en Espagne

  Mai juin 2019


Porto - Viana do Catello - Vigo - Pontevedra -Santiago
350km 14 étapes
 La plus courte 15km,  la plus longue 32 (mais on l'a faite en bateau.)




C’est un sentier qui suit au plus près le littoral atlantique tant au Portugal qu'en Espagne. Il emprunte des sentiers, des passerelles de bois pour protéger les dunes mais aussi quelquefois des tronçons de routes en particulier côté espagnol. Mais quelques conseils glanés auprès des gens du lieu permettront de les raccourcir. Et pour terminer, le superbe chemin des pierres et de l’eau et la remontée en bateau de l’estuaire de Padron. Allons-y…

Porto : nuit blanche ou presque dans la vieille ville. Il faut dire que l’auberge de jeunesse, le Downtown hostel, donne directement sur une place où les supporters fêtaient la victoire de leur équipe préférée. Quelle équipe ? Mystère. Bref le sommeil fut rare et nous voilà à 7h du matin devant un petit dej réparateur.

Première décision : plutôt que de traverser la moitié de la ville en suivant les quais du Douro, nous prenons le métro ligne A, jusqu'à  Matoshinos, arrêt Mercado. Là le pont nous amène tout droit à la mer que nous allons suivre pendant 18 km sur des chemins de bois.
 A partir de 12h, le vent du nord -le Nortada- se lève. Il nous accompagnera jusqu'au soir. Nous longeons des praia (des plages), des phares avec pour toile de fond, l’océan superbe de puissance. Arrivée à 15h dans le petit village de pêcheurs d’Angueiras puis plus loin, Labruge, où une auberge proprette nous accueille, douche chaude et nuit calme. Prêts à repartir !

Deuxième étape : Labruge-Povoa de Vazim  Départ tranquille après un petit dej dans une boulangerie du cru. Direction : les pontons de bois qui serpentent dans les dunes. Soudain sur cet itinéraire plat comme ce n’est pas permis, une montée jusqu'au promontoire de San Paio (100m, sans rire) où l’on découvre des rochers gravés comme l'on en découvrira tout au long du chemin. Ceux-là semblent avoir été gravés par des Vikings passant par là... Plus loin se seront des fosses creusées dans le rocher qui permettaient de saler le poisson.

De jolis petits villages de pêcheurs comme Vita Cha parsèment la côte avec bateaux, nasses à homards (?) et vieux qui ravaudent les filets au soleil. Des plages toutes aussi belles les unes que les autres, une urbanisation bien maîtrisées ; tout cela nous offre une journée agréable. Gîte San José de Ribamar, tout beau tout neuf…




Troisième étape : Povoa -Marinhas : deux parties bien distinctes.  D'abord, le bord de mer puis des routes pavées au milieu des serres et des chemins sous des eucalyptus. 
Commençons par le commencement : petit dej dans un bistrot où une vielle dame qui ne comprend pas un mot de Français ou d’anglais (et nous qui ne parlons pas portugais) nous servira un café et une tartine, mais offerte avec bon cœur. La gentillesse vaut bien un sacrifice…

Le milieu de l’après midi nous retrouve complètement paumés au milieu de nul part. Là aussi un brave papy nous amène jusqu'à l’auberge en nous guidant sur 2km sans s’arrêter de parler. Éreintant ! Et nous voilà dans la petite station balnéaire de Marinhas . Là des chambres un peu partout . Lessive et douche puis balade sur la plage aux si belles pierres usées par les vagues.



Quatrième étape : Marinahs – Viana do Castello : étape patates et oignons. Rajoutons la morue et voilà la cuisine portugaise. Forêts d’eucalyptus puis un superbe passage le long de la rivière de Castello de Neva. Plus loin c’est l’église Santiago -minable- heureusement le sentier est agréable. Petit café dans un bistrot du long de la route. Nous nous rapprochons du but de l’étape et enfin (forte chaleur) dans une ouverture de la forêt nous voyons le pont Eiffel qu’il nous faudra traverser pour arriver à Viana et son auberge dans un ancien séminaire refait à neuf, très propre, avec crucifix incorporé et compris dans le prix. Le luxe !



Cinquième étape et dernière au Portugal : Viana do Castello-Caminhas La plus longue jusque là : 30km. Mais aussi la moins bien balisée. Départ dans une ville endormie et direction l’océan via la nationale 113 sur 2km . On patauge au milieu d’un rond point ; le guide nous indique un fortin comme point de repère... sauf que le fortin en question est de l’autre côté d’une zone marécageuse. Continuons donc de patauger!nous traversons les marécages en tentant de ne pas mouiller nos pompes et nous voilà au pied du fortin où passe une superbe piste !!


Rochers, plages, moulins à vent témoins d’une autre époque, passage sur des pontons mais aussi sur de petits sentiers qui serpentent dans des landes à bruyères et qui nous livrent quelques surprises : gravures de l’age de fer (toujours aux plus beaux endroits), bassins pour récupérer le sel. Le sentier s’éloigne un peu du littoral et emprunte une petite route pavée. Arrivée à 16h30 après une approche de ville interminable (un boulevard rectiligne de 2km et deux ampoules) le refuge est quasi plein. Tant pis ! Nous prenons les derniers lits en hauteur, le nez contre le plafond. Demain l’Espagne !

Caminhas-Porto Mougas  Bon j’abrège. Ce sera une étape marquée par :

1/ la traversée de l’estuaire qui marque la frontière à bord d’une barque de pêcheur... Et oui pour certains la traversée d’une frontière ne pose pas de problème ; pour d’autres,  c’est un véritable calvaire...

2/et toujours pour rester le plus près de la mer, le patron nous indique un chemin côtier qui fait le tour du cap de Santa Tecla, fort joli, entre pinèdes et bancs de rochers ; il nous rallonge de 3km mais évite une rude montée suivie d’une aussi rude descente. Nous retrouvons le balisage à La Guardia .

A Porto Mougas, l’auberge est perdue au bord de la route. Pas de visite de village puisque pas de village.


Porto Mougas-Panxonétape goudron via Baiona et Ramalasso. Le long de la route sur une piste cyclable en corniche le long de l’océan puis sur un sentier qui traverse des zones de nidification. Nous peinons à trouver un hébergement. Finalement ce sera la pension Montevideo à Praia Patos.

Panxon- Vigo : étape balisage inexistant ou presque. Petit dej à Saians puis à partir de là des flèches vertes récentes,  d’autres jaunes effacées puis de nouveau des jaunes toutes fraîches Tout cela allant évidemment dans des sens contraires. Bref arrivée à Vigo à vue. Une visite à la statue de Jules Verne sur le port en mémoire à la plongée du Nautilus dans la baie de Vigo où un autre grand voyageur a traîné ses baskets : Hemingway.

Vigo-Cesantès : mega orage à la sortie de Vigo.  On attend en mangeant des pains au chocolat.
Belle piste sous les eucalyptus jusqu’à Redondella puis Cesantès. Soirée avec des Allemands . D'ailleurs ils sont en masse sur ce chemin.

Cesantès-Pontevedra :100 derniers km ; le nombre de marcheurs augmente. Départ tranquille en suivant de jolis chemins de terre. Pont médiéval d ‘Arcade. Le soir après avoir trouvé un hébergement, visite du musée de Pontevedra avec une belle expo d’un aquarelliste galicien : Maside. Pas facile de se loger à Pontevedra.


Pontevedra- Armanteirala sortie de Pontevedra est pleine de marcheurs de tout poids et toute largeur. Fort heureusement, tous partent vers la droite par un itinéraire appelé chemin central. Nous on pique à gauche pour suivre un sentier « la variante espiritual » appelée ainsi par les pèlerins de Compostelle. Ce sera un des plus beau passage du chemin. D’abord Poio et son monastère austère puis Combara, village côtier et mignon et enfin Armanteira et son gîte tout neuf.

La route des pierres et de l’eau = Armenteira-Villanovo de Arousa. Il fait beau et le sentier longe des torrents bordés par des moulins à céréales, 33 au total. Des petites construction de pierres qui abritent des roues à aube horizontales.
La lumière du soleil levant sur les fougères à travers les grands eucalyptus nous accompagne . Puis c’est le rio Umia et ses rives ombragées, seule ombre au tableau, des viticulteurs-cosmonautes dans leurs combinaisons verdâtres traitent les vignes à coup de chimique. On passe en courant…



Bel arrêt à 10h au bar O Chiringo de Concha pour le sempiternel cafe con leche. L’arrivée à Villanova est longue . Une vieille dame nous conduit jusqu'au gîte qui se trouve dans un gymnase.

Achat des billets pour la traversée du lendemain.

De Villanova à Santiago en bateau puis à pied : La nuit fut bruyante: des marcheurs qui arrivent tard, d’autres qui partent tôt et qui le font savoir... bref debout à 6h30. Le bateau nous attend pour un départ à 8h, nous y arrivons à 7h30 et comme tout le monde est là, il part à 7h45. Belle traversée les mytiliculteurs au travail sur leurs pontons et tout du long un froid de canard. Le capitaine nous débarque à Pontecesures et nous reprenons la marche presque en courant tant nous avons eu froid !


C’est Padron et son immense marché de légumes, de fripiers, de bibelots en tout genre puis Iria Flavia, plusieurs villages qui s’égrènent et que nous traversons sous la chaleur. Heureusement des bistrots nous accueillent et c’est l’arrivée à Santiago.


La cathédrale est débarrassée de ses échafaudages mais je ne verrai toujours pas le portail de la gloire qui, lui, est toujours sous plastique.

Descriptif


-320km
-14 étapes. Personnellement,  les deux parties les plus agréables ont été la partie portugaise et la route des pierres à partir de Pontevedra.
-balisage:  flèches jaunes : largement suffisant.  L’étape Panxon-Vigo est balisée en vert. Allez savoir pourquoi.
-coût 43€ par jour y compris l’avion Lyon-Porto et le retour (bus plus avion ) ainsi que les bières...
-hébergements suffisants : refuges (Donativo ou aux alentours de 8€), pensions (environ 20€). Il faudrait éviter l’étape à Vigo : je n’y ai trouvé que des hôtels plutôt chers. Pas de réservation.
-Fréquentation une vingtaine de personnes chaque soir sauf à Caminhas et Pontevedra. Le passage par la route des pierres et de l’eau évite l’affluence des 100km avant Santiago.
-restauration tout ce qu’il faut : petit dej aux abords des refuges, pique nique à 12h et restau le soir pour des menus autour de 10€
-guide utilisé "Le chemin côtier portugais"de Gérard Rousse à commander via internet
-Météo : on fait avec.
-Retrait d’argent : partout
-Retour de Santiago : attention les compagnies de bus Alsa et Eurolines ont été rachetées par Flixbus : certaines destinations ont été abandonnées. Il n’y a plus de guichet Eurolines et Flixbus à la gare de Santiago :  il ne reste plus que Alsa .

-Voilà,voilà.


Photos: Guy P.
Texte: Christian R.





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