Quelque part en Egypte...

Quelque part en Egypte...

mercredi 28 novembre 2018

Acadie, New Brunswick, Canada


Québec-Acadie, 

Nouveau Brunswick-Île du Prince Edouard 

Canada, Septembre -Octobre 2018



 L'aéroport de Montréal, douanier en chair et en os puis douanier électronique qui vous prend en photo. Pourquoi ? Il y a, quelque part,  une énorme banque de données avec le visage de tous les passagers qui arrivent là. Encore une fois certains peuvent voyager facilement, d'autres,  pas du tout. L'ordinateur est là pour trier.


Puis les autoroutes aux noms inconnus : Autoroute Cote de Liesse, la 68 qui débouchent sur des avenues toutes aussi inconnues : Boulevard de l'Acadie, Avenue Beaumont, pour nous conduire dans le Mile End, avenue du Parc. 

Montréal par beau temps, dans le Mile End, se promener entre l'avenue du Parc, la rue Saint Viateur, croiser un vieux juif à papillotes qui promène son chien. Dans les bars,  les clients sont penchés sur leur ordinateur, quelques boutiques sont fermées attendant un nouveau gérant et au coin de la rue le Bar Topless fait relâche. Les vélos se croisent le long de l'avenue Saint Viateur. Les meilleurs bagels de Montréal -enfin c'est ce que dit la pub- se trouvent là. 

Partir à la recherche de la bouche de métro sur Laurier pour se rendre au vieux port. Et évidemment se perdre (ce n'est pourtant pas très compliqué.)

Stations Laurier- Mont-royal- Berri UQAM- champ de mars- place d'armes. 

La chaleur humide du fleuve nous assaille dès la sortie. Direction le vieux port pour une visite du centre des sciences et de Pointe à Calière, le musée construit sur les restes des premières habitations de la ville. 
Le centre des sciences propose une expo sur Dreamworks (La boîte qui a inventé Shreck et toute une ribambelle de personnages des plus attachants) Puis, tout un étage d’expériences autour de la physique. Passionnant !

On quitte Montréal Direction la région de la Lanaudière en traînant le long du Saint Laurent
jusqu'à La Joliette et le parc des chutes Monte-à-peine. Malgré leur nom, elles sont jolies les chutes et elles descendent bien ! Se jetant dans une grande vasque où il fait bon se baigner. 
Départ pour deux randos, l'une traversant la forêt, l'autre remontant le cours de la rivière Assomption 

Soirée autour du feu de camp en descendant des bières accompagnées de saucisses grillées. En  dessert : chamalows fondus... l'Amérique. 

Une bien belle région vallonnée et verte avec des petites maisons de bois construites à l'orée des bois. Le ciel est traversé de vols de bernaches qui filent vers le sud en caquetant. C'est l'automne.

La route traverse le Saint Laurent à Trois Rivières : direction, la vallée de la Matapédia. Nuit dans un camping.  Notre petite tente deux places fait anachronique au milieu des campings-cars monstrueux stationnés là.

Route 132 Est 
Tranquille le long du saint Laurent, rive sud. De  petit village en petit village, la route des navigateurs passe de forêts d'épinettes en grandes plaines céréalières autour des fermes que l'on reconnaît aux grands silos avec, en grand, le nom du proprio.

Kamouraska : camping dans la batture, le long du fleuve une chaleur lourde et soudain en quelques secondes, le vent se lève, la température chute de 20 degrés, la pluie arrive. Cela nous rappelle que nous sommes en automne. Ce sera notre dernière nuit sous tente. 

Coucher de soleil formidable sur le fleuve. Les eaux se soulèvent en vagues puissantes. Les gens d'ici racontent des histoires de naufrage, de femmes perdues dans les brumes, de gardiens de phare fous de solitude.


Nous bifurquons vers la vallée de la Matapédia qui nous fera traverser le sud de la Gaspésie. Arrêt au hasard chez Marcel et Esther au Gîte du Bois Joli. Lui, septuagénaire alerte, bavard, plein d'histoires et d'humour qui n'aime pas partir de sa vallée et de son coin de Gaspésie.  Elle, qui nous raconte son histoire acadienne : les îles, ses ancêtres de la côte, "le grand dérangement", l'arrivée de ses aïeuls dans un « rang » perdu  de Gaspésie, une  famille de 12 enfants, l'école au milieu de la forêt et l'hospitalité qui faisait partie des habitudes dans cette maison de bois appartenant à la famille de Marcel depuis trois générations. Il avait 14 frères et sœurs. Aujourd'hui ils reçoivent les passants avec autant de cœur qu'autrefois.

Le lendemain, Matane,  après une route éprouvante : des énormes camions transportant du bois (100 tonnes !!) foncent et petit à petit se rapprochent ; le mieux :  les laisser passer en se garant sur le premier parking venu.  Enfin voilà le Nouveau-Brunswick. Heureusement, nous pouvons bifurquer vers de petits villages aux ponts de bois couverts afin d'éviter le gel. Quelques artistes se retirent là 

Direction Caraquet
Capitale de l'Acadie francophone,  enclave dans cette province largement anglophone. 
Aux façades des maisons, flotte soit le drapeau canadien soit le drapeau acadien (bleu blanc rouge avec une étoile jaune)
 A Caraquet c'est celui ci qui flotte de partout. Et ça jacte français depuis le début du XVII siècle (1604) qui vit arriver depuis  l'ouest de la France les premiers colons. et ils s'y accrochent toujours à leur bout de terre et à leur langue. Ils sont 500 000 pas seulement ici au nord est du Nouveau-Brunswick  mais aussi sur l'île du prince Edouard, à Terre Neuve, au Labrador également en Louisiane (les Cadiens) tous éparpillés au moment du "grand dérangement" : la déportation par les Anglais de ces populations, amis des indiens MicMac, de 1755 à 1763. Certains rentreront en France... puis reviendront, d'autres seront éparpillés dans l'est du continent américain. Beaucoup reviendront... et sont toujours là. Bien sympathiques ces acadiens têtes dures ! Respect .

Caraquet
Village Blanchard
Rivière du portage
Baie du vin
Pointe sapin
Île au foin
Kouchibouguac



Plus on descend vers le sud le long de la côte, moins on voit de drapeaux acadiens et plus ça parle anglais. Les villages n'en finissent plus, maison après maison, sur des km. De quoi vivent les gens. Certaines habitations sont flanquées de nasses à homards. A part ça ? La forêt ?

Parc national de Kouchibouguac qui nous rappelle quand même qu'avant les Acadiens et les maudits anglais, il y avait les Micmacs;  tribus de pêcheurs -cueilleurs -chasseurs depuis 10 000ans. 

Aujourd'hui ils se tournent vers l'écotourisme comme le montre leur lieu d'accueil dans le parc: initiation aux plantes utilisées, à leur cosmogonie, à leurs habitats. A part ça, le parc déroule de superbes plages de sable blanc. Belle rando entre forêt, marais et littoral mais il fait fret en calvaire. D'ailleurs cette nuit il gèle. Course au village du coin St Louis de Kent.

Ici on parle Chiac un mélange de français et d'anglais -faut suivre !-
"Espère moi su'l corner j'vas tanker mon char pis on va aller watcher un movie"

resto : friture accompagnée de friture . on se met à rêver de salade verte.  Désastreux. 

Route acadienne le long de la côte. Bouctouche et ses dunes, belle rando . Shediac et ses homards.

 Enfin, après le pont de la confédération (12 km) voici l'île du Prince Edouard. Du nom, bien sûr d'un chef de guerre, fils du roi Georges 3.  C'est là quand même que fut signé le traité donnant naissance à la confédération du Canada. Et c'est là qu'est cultivé 2/3 des patates du continent. Bref Mac Do n’existerait pas sans l'île. Vertigineux. 


Et en avant pour une boucle qui à travers les champs de patates nous fera traverser ce qu'il reste du pays acadien ! Musée émouvant à Miscouche qui retrace l'histoire de ces braves gens qui quittaient le vieux continent pour être tranquilles, qui ici trouveront de belles terres, de belles forêts, une aide précieuse auprès des autochtones et qui finalement se feront mettre dehors à cause d'une rivalité entre les puissants.

Et voilà pourquoi ici les noms de familles sont Robicheaux , Galland, Doucet, Dugas, Gagnon, Levesque,  Robert. 

Au  cap nord, au bout de l'île, le point le plus proche de l’Europe souffle un vent à décorner les bœufs. C'est là qu'aurait accosté Jacques Cartier lors de son premier voyage. Accosté?  pas tout à fait, puisque son bateau avait trop de tirant d'eau pour s'approcher du rivage. le Malouin ne se serait pas aperçu qu'il était sur une île. Passage par la réserve Micmac de Henox Island, toute tranquille et coquette au bord de mer. 



Quelques jours de repos à North Rustico -Est de l'île -petit village serein en dehors de la saison estivale. De belles maisons de bois autour d'un petit port de pèche et enfin un restau qui ne vous met pas le foie à l'envers « chez Pedro » 

Le par national n'est pas loin avec ses dunes tantôt rouges tantôt blanches coincées entre forêts et mer;  c'est l'île Robinson du nom du premier fermier qui s'est installé là. Temps superbe au milieu des falaises rouges. Sérénité et longue balade en regardant des vols d'oiseaux s'élancer vers le sud et la chaleur. Belles rencontres au motel . ….



Dernier arrêt après le départ de l'île du Prince Edouard et le retour sur le continent ce sera la côte de la petit Codiac,  fleuve qui roule ses eaux boueuses dans un décor de rochers rongés par l'érosion qui se découvrent à marée basse tant le fleuve et la mer sont là mélangés. (merci à Zachary Richard, Cadien infatigable).  Puis le parc national de la baie de Fundy, entre sel et forêt, belles randos qui longent les falaises hélas sous la pluie. La forêt laisse peu d'échappées qui nous permettraient d'admirer le paysage.



De nouveau, c'est la route 1 vers le Québec à travers les forêts rougeoyantes.  Les énormes poids lourds transportent leur cargaison de forêts mortes. 

 Loin des foules, les villages s’apprêtent à vivre l'hiver . II faut penser à remonter le col de la veste, s'habiller plus chaudement avant de sortir.

Kamouraska au bord du Saint Laurent, la boucle est bouclées.  Il ne nous reste plus qu'à passer par Québec (Fichtre que j'aime cette ville) embrasser nos amis d'Amérique . Le soir, la promenade Dufferin est presque déserte  La foule se retrouve dans les bars et les lumières de la ville nous accompagnent.

Puis Montréal et le retour...










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