Québec-Acadie,
Nouveau Brunswick-Île du Prince Edouard
Canada, Septembre -Octobre 2018
L'aéroport de Montréal, douanier en chair et en os puis douanier
électronique qui vous prend en photo. Pourquoi ? Il y a, quelque
part, une énorme banque de données avec le visage de tous les
passagers qui arrivent là. Encore une fois certains peuvent
voyager facilement, d'autres, pas du tout. L'ordinateur est là pour
trier.
Puis
les autoroutes aux noms inconnus : Autoroute Cote de Liesse, la 68 qui débouchent sur des
avenues toutes aussi inconnues : Boulevard de l'Acadie, Avenue Beaumont, pour nous conduire dans le Mile End, avenue du Parc.
Montréal par beau temps, dans le Mile End, se promener entre l'avenue du Parc, la rue Saint
Viateur, croiser un vieux juif à papillotes qui promène son chien. Dans les bars, les clients sont penchés sur leur ordinateur, quelques
boutiques sont fermées attendant un nouveau gérant et au coin de la
rue le Bar Topless fait relâche. Les vélos se croisent le long de
l'avenue Saint Viateur. Les meilleurs bagels de Montréal -enfin c'est
ce que dit la pub- se trouvent là.
Partir à la recherche de la bouche de métro sur
Laurier pour se rendre au vieux port. Et évidemment se perdre (ce
n'est pourtant pas très compliqué.)
Stations Laurier- Mont-royal- Berri
UQAM- champ de mars- place d'armes.
La chaleur humide du fleuve nous
assaille dès la sortie. Direction le vieux port pour une visite du
centre des sciences et de Pointe à Calière, le musée construit sur
les restes des premières habitations de la ville.
Le centre des
sciences propose une expo sur Dreamworks (La boîte qui a inventé Shreck et toute une ribambelle de personnages des plus attachants) Puis, tout un étage
d’expériences autour de la physique. Passionnant !
On
quitte Montréal Direction la région de la Lanaudière en traînant
le long du Saint Laurent
jusqu'à La Joliette et le parc des chutes
Monte-à-peine. Malgré leur nom, elles sont jolies les chutes et
elles descendent bien ! Se jetant dans une
grande vasque où il fait bon se baigner.
Départ pour deux randos, l'une traversant la forêt, l'autre remontant le cours de la rivière Assomption
Soirée autour du feu de camp en descendant des bières
accompagnées de saucisses grillées. En dessert : chamalows fondus... l'Amérique.
Une
bien belle région vallonnée et verte avec des petites maisons de
bois construites à l'orée des bois. Le ciel est traversé de vols
de bernaches qui filent vers le sud en caquetant. C'est l'automne.
La
route traverse le Saint Laurent à Trois Rivières : direction, la vallée
de la Matapédia. Nuit dans un camping. Notre petite tente deux places
fait anachronique au milieu des campings-cars monstrueux stationnés
là.
Route
132 Est
Tranquille le long du saint Laurent, rive sud. De petit village en petit village, la route des navigateurs passe de forêts
d'épinettes en grandes plaines céréalières autour des fermes que
l'on reconnaît aux grands silos avec, en grand, le nom du proprio.
Kamouraska : camping dans la batture, le long du fleuve une chaleur
lourde et soudain en quelques secondes, le vent se lève, la
température chute de 20 degrés, la pluie arrive. Cela nous rappelle
que nous sommes en automne. Ce sera notre dernière nuit sous tente.
Coucher de soleil formidable sur le
fleuve. Les eaux se soulèvent en vagues puissantes. Les gens d'ici
racontent des histoires de naufrage, de femmes perdues dans les brumes, de gardiens de phare fous de solitude.
Nous
bifurquons vers la vallée de la Matapédia qui nous fera traverser
le sud de la Gaspésie. Arrêt au hasard chez Marcel et Esther au Gîte du Bois Joli. Lui, septuagénaire alerte, bavard, plein
d'histoires et d'humour qui n'aime pas partir de sa vallée et de son
coin de Gaspésie. Elle, qui nous raconte son histoire acadienne : les
îles, ses ancêtres de la côte, "le grand dérangement", l'arrivée de
ses aïeuls dans un « rang » perdu de Gaspésie, une famille de 12
enfants, l'école au milieu de la forêt et l'hospitalité qui faisait
partie des habitudes dans cette maison de bois appartenant à la
famille de Marcel depuis trois générations. Il avait 14 frères et
sœurs. Aujourd'hui ils reçoivent les passants avec autant de cœur qu'autrefois.
Le
lendemain, Matane, après une route éprouvante : des énormes camions
transportant du bois (100 tonnes !!) foncent et petit à petit se
rapprochent ; le mieux : les laisser passer en se garant sur le
premier parking venu. Enfin voilà le Nouveau-Brunswick. Heureusement, nous pouvons bifurquer vers de petits villages aux ponts de bois couverts afin d'éviter le gel. Quelques artistes se retirent là
Direction
Caraquet
Capitale de l'Acadie francophone, enclave dans cette province
largement anglophone.
Aux façades des maisons, flotte soit le drapeau
canadien soit le drapeau acadien (bleu blanc rouge avec une étoile
jaune)
A Caraquet c'est celui ci qui flotte de partout. Et ça jacte
français depuis le début du XVII siècle (1604) qui vit arriver depuis l'ouest
de la France les premiers colons. et ils s'y accrochent toujours à leur bout de terre et à leur
langue. Ils sont 500 000 pas seulement ici au nord est du Nouveau-Brunswick mais
aussi sur l'île du prince Edouard, à Terre Neuve, au Labrador
également en Louisiane (les Cadiens) tous éparpillés au moment du "grand dérangement" : la déportation par les Anglais de ces
populations, amis des indiens MicMac, de 1755 à 1763. Certains
rentreront en France... puis reviendront, d'autres seront éparpillés
dans l'est du continent américain. Beaucoup reviendront... et sont
toujours là. Bien sympathiques ces acadiens têtes dures ! Respect .
Caraquet
Village
Blanchard
Rivière
du portage
Baie
du vin
Pointe
sapin
Île
au foin
Kouchibouguac
Plus
on descend vers le sud le long de la côte, moins on voit de drapeaux
acadiens et plus ça parle anglais. Les villages n'en finissent plus, maison après maison, sur des km. De quoi vivent les gens. Certaines
habitations sont flanquées de nasses à homards. A part ça ?
La forêt ?
Parc
national de Kouchibouguac qui nous rappelle quand même qu'avant
les Acadiens et les maudits anglais, il y avait les Micmacs; tribus de
pêcheurs -cueilleurs -chasseurs depuis 10 000ans.
Aujourd'hui ils se
tournent vers l'écotourisme comme le montre leur lieu d'accueil dans
le parc: initiation aux plantes utilisées, à leur cosmogonie, à
leurs habitats. A part ça, le parc déroule de superbes plages de
sable blanc. Belle rando entre forêt, marais et littoral mais il fait
fret en calvaire. D'ailleurs cette nuit il gèle. Course au village
du coin St Louis de Kent.
Ici
on parle Chiac un mélange de français et d'anglais -faut suivre !-
"Espère
moi su'l corner j'vas tanker mon char pis on va aller watcher un
movie"
resto :
friture accompagnée de friture . on se met à rêver de salade verte. Désastreux.
Route
acadienne le long de la côte. Bouctouche et ses dunes, belle rando . Shediac et ses homards.
Enfin, après le pont de la confédération (12 km) voici l'île du Prince Edouard. Du nom, bien sûr d'un chef de guerre, fils du roi Georges 3. C'est là quand même que fut signé le traité donnant naissance à la confédération du Canada. Et c'est là qu'est cultivé 2/3 des patates du continent. Bref Mac Do n’existerait pas sans l'île. Vertigineux.
Enfin, après le pont de la confédération (12 km) voici l'île du Prince Edouard. Du nom, bien sûr d'un chef de guerre, fils du roi Georges 3. C'est là quand même que fut signé le traité donnant naissance à la confédération du Canada. Et c'est là qu'est cultivé 2/3 des patates du continent. Bref Mac Do n’existerait pas sans l'île. Vertigineux.











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