A lire en écoutant "Wooden ship" de Crosby Stills Nash and Young
Pourquoi marcher? Entre deux confinements, il fallait reprendre l'habitude de bouger. Ces petits picotements dans les jambes, un regard vers le sac à dos, bien rangé depuis trop longtemps dans le placard . Inventer un itinéraire qui nous permettra de ne pas revenir sur nos pas, pour toujours "aller devant". S'étonner du paysage, se laisser surprendre par ce qui se cache après le prochain virage . Marcher longtemps, doucement, sans hâte. Prendre le temps d'observer le dessin des cailloux sur une pente . Monter, descendre. Surveiller sans inquiétude les nuages, découvrir les traces du passage d'un sanglier autour d'une flaque d'eau.
Ce sera Figeac - Cahors via la vallée du Célé et retour par Cajarc.
Après quelques infractions à la limitation de vitesse qui ne furent pas du goût des radars, nous voilà donc à Figeac au gîte du coquelicot, bien connu pour son accueil et surtout son couscous monumental et en plus pris en bonne compagnie puisque nous étions une douzaine à table , foin des gestes barrières.
Le soir, nous nous baladerons dans un Figeac vivant, sans masque (nous sommes en Août et le deuxième confinement ne nous est pas tombé dessus )
Musiciens, terrasses de bistrots accueillantes, des gens qui flânent aux devantures des magasins ouverts. Retour d'un monde presque normal.
Demain nous emprunterons le GR 65 .
Première étape Figeac- Corn
Partis tranquillement après un joyeux petit dejeuner et la traditionnelle photo au bord du Célé, les balises rouges et blanches nous guident en dehors de la ville. Nous suivons des petites routes de campagne vers Béduer.Au passage, Faycelles ,joli petit village bien restauré, tout fleuri , tranquille où nous attend le café de 10 h. Tranquillement, nous arrivons à midi à Béduer où l'on quitte le GR65 pour suivre maintenant le 651 qui nous fera découvrir la vallée du Célé.
Cette vallée que j'avais gardée dans un coin de ma tête après mon passage vers Santiago en 2013.
1/2 heure plus tard, un petit coin pique nique au bord du Célé qui est ici étroit et caché sous les arbres . Bien suffisant pour y tremper les pieds par cette chaleur. Il faudra repartir par des chemins de terre pour arriver à Corn vers 16h au gîte "antiquitthé" où nous attend une bière bien fraîche offerte par Martine, la maîtresse des lieux et du salon de thé de l'autre côté de la route (d'où le nom). En tout cas, ce n'est pas l'affluence :nous sommes seuls dans le bâtiment pour savourer une succulente soupe d'avoine (entre autre).
Départ à 8h30 : pas trop tôt pas trop tard, à travers le petit village endormi par un joli chemin très ombragé le long du Célé qui nous conduit à Sainte Eulalie puis Espagnac l'ancienne abbaye du XIII siècle dans lequel se trouve d'habitude un accueil des pèlerins car nous sommes sur une variante du chemin de Saint Jacques ainsi que le gîte communal que j'avais pu apprécier lors de mon dernier passage et qui aujourd'hui est fermé.
La pluie qui menaçait depuis ce matin devient forte puis carrément diluvienne. Pas trop longtemps heureusement et nous pouvons repartir, d'abord par la route jusqu'à Paillhès puis par un sentier qui monte fort sur des dalles de granit vers le causse . Ce sera un superbe passage au pied de la falaise avec le château des Anglais, ruine du XII.
Le sentier se faufile entre de gros blocs de pierre, passe sous une belle porte fortifiée pour descendre dans une chênaie vers Brengues. Là, direction Saint Sulpice puis Peich Peyroux par de petits sentiers à flanc de falaise
Les hameaux sont construits contre la roche, épousant la moindre grotte la moindre anfractuosité utilisées ainsi comme grenier, étable ou autre dépendance agricole. Nous arrivons en fin de journée juste avant l'orage à Marcilhac au gite de Galance. tout propre tout neuf
Aujourd'hui, journée multi activités, histoire de changer ! Ce sera marche et canoé!
Donc départ à 9h sous un ciel gris et bas. Tranquillement en 1h 30, nous arrivons au départ de la rando aquatique où nous attendent deux canoés et le matériel adéquat.
Et nous voilà partis sur le Célé qui s'avère être une rivière propre à la faune nombreuse (hérons, martins pêcheurs, libellules) et peu fréquentée ; ce qui me va bien.
Le mauvais temps nous rattrape vers 15h. II faudra trouver refuge sous un ressaut rocheux où une pluie violente nous immobilisera pendant un bon moment. Bref , après un rapide qui ne se passera pas dans les règles de l'art, nous arrivons à la base de canoé . fin de l'épisode aquatique, récupération des sacs, changement de tenues et direction Saint Cirque Lapopie en suivant une ancienne voie ferrée puis le chemin de halage le long de Lot
les superbes sculptures exécutées dans le rocher nous accompagnent un moment et c'est l'apparition du village perché à flanc de colline nous cheminons le long du Lot le soleil est revenu, le vert du paysage rivalise avec celui de l'eau. Arrivée au camping de la plage et son merveilleux mobil home tout en plastic. Enfin c'est dans nos prix. Pluie pendant la nuit.
Saint Cirque Lapopie à 7h du matin après une montée rude. A cette 'heure matinale, le village est désert; pas de foule touristique -le bonheur- Les boutiques de souvenirs sont fermées. Restent les 15 habitants permanents qui peuvent enfin profiter de leur village. On trouvera quand même un sandwich à acheter pour midi.
Le chemin monte dur jusqu'au rebord du Causse; la pause est obligatoire afin de reprendre souffle. Puis ce sera le chemin sous les chênes entre les murets de pierres sèches. La soirée se passera au gîte d'Escamp fort bien arrangé à l'accueil remarquable . Douche, petite binouze : le train train quoi!
Notre hôte nous indique un raccourci pour retrouver le GR 65. pas de balise mais les indications sont précises Nous traversons une belle forêt de chênes et c'est à Bach que nous retrouvons les coquilles, les balises rouges et blanches ainsi que les quelques marcheurs qui comme nous se sont lancés sur le chemin malgré la covid. mais aucun n'arrivera cette année à Santiago : la frontière étant fermée, les gîtes également sur toute la longueur du "camino francès" espagnol.. Midi nous trouvera à Varaire, sa place publique au dessus d'un ancien lavoir, son bistrot des marronniers et sa machine à café.
Penser aux courses avant Limogne car aucune épicerie en vue pour le lendemain. Nous arrivons au gîte de la Hulotte pile sur le chemin dans un petit hameau. Nous serons ici aussi peu nombreux autour de la table.
Quand retrouverons -nous l'ambiance des grandes tablées habituelles? Et bien oui, un petit peu à l'ecogîte de Gréalou au sommet d'une colline qui surplombe le paysage de chênes. Tout neuf ,tout beau toilettes sèches et capteurs solaires, yaourt maison et belle convivialité. tout de même nous serons séparés des autres convives lors du repas et tous cachés derrière nos masques lors des déplacements dans les couloirs.
Puis ce sera la dernière étape jusqu'à Figeac un peu triste comme toutes les dernières étapes.
Marcher…







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