Quelque part en Egypte...

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samedi 12 avril 2025

La Gomera :ça se mérite!

Une île au milieu de l'Atlantique dans l'archipel des Canaries. Une île où nous étions déjà venus en 2015. Cette fois -ci nous comptons y passer du temps -un bon mois- histoire d'éviter le froid de la Drôme. 
Profiter également des nombreux sentiers de randonnées qui sillonnent l'île, de la mer -bien sûr- se baigner au mois de février c'est quand même pas mal...

 Donc pour résumer le voyage : voiture jusqu'à Barcelone (il n'existe pas pour nos dates de vol Lyon -Ténérife) puis avion Barcelone-Ténérife sud, puis le taxi jusqu'à Los Christianos pour arriver pile poil pour le départ du ferry qui en 50 mn rejoindra San Sébastien ''capitale'' de La Gomera.

Là, location d'une voiture -indispensable- et la route GM2 vers Alojera à l'ouest de l'île. 
Et nous voilà tout de suite dans l'ambiance. La route traverse le parc du Garajonay et sa laurisylve ; forêt de lauriers immenses et de bruyères toutes aussi immenses.

 La nuit tombe, le brouillard s'installe,  l'humidité issue de la respiration de la végétation rend la route bien glissante sans compter les virages. Nous sommes au sommet de l'île donc de 0 à 1450m en 15km ce qui donne le profil de la route. 
Redescente vers Alojera et nous sortons du brouillard pour arriver dans un barranco, ces vallées qui descendent vers l'océan occupées par l'homme depuis belle lurette où se trouvent les villages et des multitudes de terrasses cultivées grâce à un réseau d'irrigation qui doit bien aligner quelques milliers de km de tuyaux. Voilà enfin la maison que nous avons louée .

Forêt millénaire et changement climatique : 

Autant commencer par le plus alarmant.  La forêt de la Gomera vestige de la fôret tropicale qui couvrait l'Europe il y a 5 millions d'années est en voie d'assèchement. Les nuages coincés au sommet de l'île créent un microclimat humide mais insuffisant aujourd'hui.

Les signaux d'une mauvaise santé se multiplient : les feuilles qui sèchent puis qui tombent n'empêchent plus le soleil de pénétrer en profondeur réchauffant ainsi l'atmosphère.Cela fait 5 ans que l'île est en proie à la sècheresse.
Les températures augmentent et conséquence, 20% de la forêt est partie en fumée en 2012.
Pas de brume, pas de pluie = incendies.
Rajoutons à cela les zones agricoles abandonnées envahies petit à petit par des espèces qui ne demandent qu'à prendre feu. Tous les écosystèmes sont touchés  :  sur 50 espèces endémiques, 21 sont en danger. Espoir ? cet hiver a été pluvieux il a même neigé pendant que nous y étions ; les bassins d'irrigation sont de nouveau pleins.

À suivre...  En attendant, les insulaires développent un tourisme respectueux de l'environnement... Pas de méga station balnéaire comme à Ténérife un mini complexe touristique à Playa de Santiago au sud avec tout de même grilles, gardiens, caméras et golf incorporés. Idem à Valle Grand Re mais on est très loin de la côte d'azur ou de la Costa Brava.

Sinon ce sont de petits villages au fond des barrancos, maisons colorées et bistrots sympathiques. Lieux que l'on découvre au rythme des randonnées ou des balades sur des routes bien étroites et tortueuses quelquefois encombrées de rochers détachés de la montagne.

En février c'est la saison de la récolte du "miel de palme" qui n'est pas un miel mais plutôt un suc extrait du palmier canarien .
Tous les 5 ans le palmeiro grimpe en haut de ses palmiers, coupe les feuilles du cœur puis aplani le centre d'où s'écoule la sève de l'arbre qui sera ensuite chauffée jusqu'à obtenir le fameux miel qui s'apparente un peu au sirop d'érable québécois (sans érable, et aux Canaries mais c'est pour donner une idée)

Les randonnées 

 Chemins super balisés, carte gratuite à l'office du tourisme,  guides précis (en Anglais et en Allemand) 
Mais nous Français, avons un sens de l'orientation infaillible... Le relief est difficile, les montées abruptes et les descentes infernales donc plutôt tabler sur des parcours de 6,7 km dans la journée c'est déjà pas mal... Exemple Taguluche, le bout du monde, une merveille de village dans un environnement minéral aux teintes d'ocre et rouille des roches volcaniques.

Le village que l'on découvre tout petit au loin à partir du mirador El Santo d'Arure. La descente se fait dans la falaises sur des vires bien équipées puis on arrive dans la zone des palmiers puis enfin les terrasses jardins qui entourent le village 8km aller-retour... 5h30
 Puis par un sentier tracé dans les éboulis,  descente jusqu'à la plage de Guarinien où la baignade est quasi impossible...
 Mais quelle beauté ! Les roches noires brillantes dans le ressac, les galets roulés par l'océan. Pas un pèlerin ! Le bout du bout du monde. 

Dans le même style, la rando du plateau de La Merica à partir de Arure jusqu'à Valle Gran Re et retour en guagua (c'est ainsi qu'on appelle les bus sur la Gomera). En partant d'Arure,
petite grimpette au milieu de chèvres puis traversée du plateau de La Merica et sa vue sur 360 degrés : l'océan, le sommet du Garajonay, la fortaleza de Chipude et soudain l'arrivée au bout du plateau à nos pieds... 800m plus bas, toutes petites, les maisons de Valle Gran Re ;
deux heures de descente nous attendent dans des caillasses branlantes qui risquent de se détacher à tout moment et les blocs de phonolites qui craquent sous l'effet de la chaleur !

Il eut mieux valu faire demi-tour et retraverser le plateau en sens inverse. Mais bon, plaisir d'une bonne "caña" à l'arrivée. (une petite bière)

 D'autres randos : dans la laurisylve, le Cañada de Jorgue. Un tour dans cette forêt si étrange, des lichens qui pendent des arbres, les énormes pissenlits "sonchus canariensis" et des tas d'autres plantes inconnues. Descente vers Arure qui fait quitter la brume et la chaleur.

Un peu d'histoire : l' arrivée des premiers habitants...

Les peuples indigènes canariens, d'origine berbère, ont habité les îles Canaries jusqu'à leur conquête par le royaume de Castille entre 1402 et 1496.On estime que les premiers habitants arrivèrent sur les îles vers le Ve siècle avant J.C. Ainsi, pendant près de 2000 ans, ils vécurent isolés sur l'archipel, ce qui leur permit de créer leur propre culture et un mode de vie adapté à un environnement sauvage et volcanique.

(source : https://www.salutilescanaries.com/) Pétroglyphes La Palma

La Gomera suite et fin


Les lieux à ne pas manquer :

-Le ''port'' d’Alojera, en fait pas du tout un port ; n’est pas né le capitaine qui fera accoster son bateau là entre les rouleaux de l’océan et une falaise de roche volcanique instable. Quelques chambres face à l’océan et un petit restau de poisson coincé dans une ruelle. Dans ce bout du monde, on pense à Hemingway, Cendrars, Bouvier, Chatwin, les maîtres quoi !

Pour se tremper, un bassin qui se remplit au bon vouloir des vagues qui passent par dessus le mur.

Ce qui marque le plus c’est -où que l’on soit- le bruit des vagues, sac et ressac sans arrêt galets roulés pierres qui s’entrechoquent et là on pense à Kerouac sur les côtes de Californie. Le soleil tombe vite en cette saison offrant chaque jour des couleurs, des dessins différents. Nous y reviendrons souvent...




A pied à partir d’Alojera : la playa del Trigo La descente débute en cheminant entre de petits jardins alimentés en eau par des tuyaux posés à même le sol -Pas de risque de gel ici !- puis la pente s’accentue ; quelques passages équipés d’escaliers pour arriver à une plage de rochers. Difficile de s’y baigner mais la tranquillité mérite quelques sacrifices ! Là aussi cela vaut le coup de rester jusqu'au coucher du soleil. La remontée se fait en suivant le lit asséché d’un torrent pour arriver à un groupe de maisons ; de là suivre la route pour arriver à son point de départ. En fait pas de risque de se perdre.






Route de l’ouest Arure-Valle Gran Rey


le choix : par la route mais aussi une grande descente à pied voir plus haut -attention danger.

Valle Gran Rey, la station balnéaire, bon ce n’est pas l’affluence de la côte d’azur ni l’urbanisation de la Costa Brava mais c’est quand même avec Playa de Santiago, les deux lieux de villégiatures du sud ouest de l’île. Point de rencontre des routards à sac à dos qui s’installent sur la plage du village (beau coin de baignade) ou plus loin à la playa del Inglès pour quelques heures, vendeurs de bijoux ou simplement voyageurs...

Plus loin du village d’origine, la deuxième partie est moins agréable  : succession de locations saisonnières souvent vides avec tout de même de belles plages (Las arenas Argaga). Il en faut pour tout le monde...  La route est un cul de sac.






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