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| dans le ferry Algesiras-Ceuta |
Tetouan ou le professeur en huiles essentielles
Le lendemain matin nous retrouve à Tetouan en train de traverser le cimetière musulman de la ville pour accéder à la médina. En compagnie d’un guide qui n’est pas vraiment guide mais qui à coup d’anecdotes intéressantes nous amène à sa boutique de professeur en huile d’argan (ça ne s’invente pas nous avons sa carte de visite) d’où nous ressortons avec une demie douzaine de savonnettes toutes authentiquement naturelles. (il va falloir que nous reprenions l’habitude.) En tout cas belle médina que celle de Tétouan en plein chantier. Propre, tranquille les ruelles déboulent sur la place du palais royal plein de lumière et de militaires. Là nous prenons un premier thé à la menthe au soleil oubliant le temps dégueulasse que nous avons laissé derrière nous... Puis déambulation dans la rue de Fès, ''artère'' commerçante. Étals de fruits, de légumes, de fruits secs. J’achète un verrou pour le fourgon. Un commerçant essaye de nous fourguer des vestes en cuir style Dirty dancing. Retour au parking où nous avons garé notre fourgon, toujours à travers le cimetière. À notre passage, personne n’a bougé...
| Tétouan |
Route Tétouan Chefchaouen ou le code de la route berbère
Traversée de Tétouan en direction de Chefchaouen. Ce qui n’a pas changé au Maroc c’est leur manière de conduire. Et je tourne à gauche avec le clignotant à droite, motards sous amphétamines
et surtout klaxon branché fréquence heavy metal.
Bref nous avons survécu sans casse. Et nous voilà sur une agréable route de campagne qui nous mène à Chefchaouen - route en travaux. Le Maroc a investi énormément dans ses routes dans tout le pays .
Le camping de Chaouen, rendez-vous de tous les camping caristes du monde qui ne se déplacent qu’en convoi, arrivent au camping (le seul de la région) et squattent toutes les places. Je trouverai tout de même à me garer entre deux pins qui enlèveront une partie de la peinture du pare choc.
Drôle de vision du tourisme : groupe hermétique, pas d’interférences avec le milieu, tout est prévu d’avance, pas de surprise, on a payé pour ça. Bienvenue dans le XXI ème siècle.
Heureusement le lendemain ils seront partis et nous aurons enfin accès aux vidanges d’eau sale.
Un long escalier nous amène à la médina où il est encore possible de se perdre et découvrir de petites ruelles toutes bleues ; Les autre artères : les marchands du temple ont pris le pouvoir ! Tout de même de belles choses produites par les artisans Marocains, cuir, tissage, impressions... En tout cas, le verre de thé à la menthe a meilleur goût au soleil pris sur une jolie place bien tranquille...
| Chaouen |
Route vers le sud :
Deux jours d’intenses réflexions pour élaborer un plan de survie touristique : continuer le circuit touristique habituel : Meknès, Fès et tout le tintouin ou bien tirer direct vers le sud pour trouver le moins de monde possible (Mais est-ce possible ?) via l’autoroute. Option vite retenue avec deux arguments : la chaleur au bout de la route et laisser derrière nous la cohue du nord du pays.
Nous rejoindrons donc l’autoroute à Kénitra après avoir traversé tranquillement les belles plaines agricoles du Rharb parsemées de petits villages affairés autour de marchés chargés en légumes de toutes sortes, fruits, animaux bref région bien riche. Route en travaux bien sûr.
Le GPS nous indique un camping municipal en pleine ville près de l’entrée de la médina. Hélas le camping a été remplacé par un énorme trou dans lequel travaillent d’énormes tractopelles. Raté, finalement pour se faire pardonner le GPS nous indiquera un autre camping dans un complexe touristique près de la plage où nous ferons une grande ballade à la tombée de la nuit.
L’âne du bord de la route
Drôle de contraste que ces placides mammifères et néanmoins herbivores broutant le talus alors que passent sous leurs yeux tous ces véhicules aberrants. Que de sanglots dans leurs grands yeux, rappel des silences des plaines traversées il y a mille ans, un fardeau sur leur dos. Animaux héroïques. Animaux fossiles mais qui par leur présence rendent la vie habitable.
L’autoroute : nouvelle expérience constructive.
Qui n’a pas été doublé sur la droite par une moto pétaradante chevauchée par un vaillant chevalier en chèche et gandoura ne connaît rien à la vie.
Pas si terrible que ça : il suffit de se faire aux barrages de police qui surgissent soudain sur le parcours autoroutier, des péages multiples et pas vraiment nécessaires mais une fois compris tout cela c’était fort agréable et nous voilà à Marrakech en deux coups de cuillère à couscous.
Marrakech... où nous ne resterons pas. Par contre repos de deux jours dans un petit camping pas si pire comme disent les Québécois... Les gens alternent entre vieux baba à combi volk et nouveau riche retraité qui a investi sa prime de licenciement dans un cartago 12 mètres traînant une voiture ou un quad.
Pas si Pire... La course au gigantisme. Avec un combi tu pouvais aller jusqu’à disons Katmandou... ou Aubenas en Ardèche... Avec un cartago 12 mètres au mieux tu t’arrêtes sur les parking d’autoroutes ou -on verra ça plus tard -sur des aires prévues pour les cartago 12mètres.
Ça s’appelle la mixité sociale. Ils sont loin les congés payés d’après guerre...
Souvenir vieux de plus de 40 ans et le passage de ce col entre Marrakech et Ouarzazate sur une route complètement défoncée de nuit après une panne et un dépannage dans une ville poussiéreuse et lugubre qui est aujourd’hui la capitale du cinéma au Maroc. La magie de Brad Pitt a encore agi.
D’ailleurs on s’aperçoit vite que pratiquement tous les hommes du coin ont tourné avec Brad ou Orlando. ça fait du monde.
Le long de la route, des vendeurs de fausses améthystes en plâtre, de vrais fossiles en résine, d’authentiques prix exorbitants.
Au milieu du col nous bifurquons sur une toute petite route vers Telouet et Aït-Benhaddou.
Telouet, petite bourgade touchée durement par le tremblement de terre de 2023. La Kasbah est fermée au public mais nous profitons de l’agitation d’un jour de marché avec la ronde des petits taxis surchargés, des grands taxis surchargés, des camions sur… bref la région est prospère. Il y a même un bureau de poste où un préposé nous reçoit en costume pour changer de l’argent. Tout ça dans une poste flambant neuf. D’ailleurs dans tout le sud nous croiserons de ces bâtiments neufs : écoles, collèges ,lycées, administrations, coopératives de production qui affichent un dynamisme incroyable dans ces régions arides si difficiles à vivre.
Aït-Benhaddou que nous visitons de bonne heure ce qui nous offre une grande tranquillité pour déambuler à notre rythme dans les ruelles sombres et fraîches de la kasbah ; Les marchands n’ont pas encore ouvert . Nous pouvons admirer l’architecture en torchis de terre et de paille qui donne des maisons confortables en hiver, fraîches en été. Tout le monde s’entasse là humains et animaux pendant les grosses chaleurs. Nous passons un long moment à déambuler dans ces ruelles.
Maintenant les visites organisées arrivent et l’ambiance change littéralement. Un flot ininterrompu de touristes déferlent dans la kasbah -j’exagère à peine-. Nous prenons un thé à la menthe sur une terrasse. Au loin le chantier de la construction du décor d’un prochain film hollywoodien -4 mois de travail pour 15 jours de tournage. Camping « Assfalou » - un peu avant Aït-Benhaddou- puis « camping Kasbah du Jardin » tranquille. Jour de repos qui nous permet de renouer avec des voyageurs rencontrés sur El Hierro.
Direction Vallée du Drâa.
Drôle de paysage que ces milliers d’hectares de palmiers presque secs, miroir des catastrophes humaines liés au réchauffement du climat. La route traverse la plus grande palmeraie du monde et les arbres sont gris, poussiéreux, malades. Les puits sont à secs il faut forer à plus de 100 mètres pour trouver l’eau nécessaire aux jardins vivriers. Alors les anciens agriculteurs se tournent vers le tourisme : Méharées pour touristes à coups de soleil, treck dans les dunes de M'hamid et surtout nuits dans le désert 4x4 et rhaïma (les tentes des bédouins en poils de chameaux, de chèvres) faut-il leur en vouloir ? Sûrement pas... que faire dans ces régions quand les activités traditionnelles périclitent ?
Tout de même les gens n’oublient pas leur vieille histoire, les anciennes kasbah sont rénovées et mieux, habitées : égout, adduction d’eau et électricité. Les femmes portent les habits de leur clan ou tribu : les fichus noirs des Berbères, les broderies colorées des femmes arabes et les grandes djellaba des hommes du désert.
Le bout de la route : M’hamid
Porte du désert qu’ils disent dans les guides c’est le règne des 4par4, de l’adrénaline style Paris Dakar... Mais confort assuré : les véhicules sont propres -Des laveurs de voitures dans ce pays assoiffé- les conducteurs arborent la djellaba bleue et le soir c’est le riad avec douche chaude. Monde étrange où se carambolent les contradictions de notre époque.
Nous étions venus là vers 1977 le village était quasi ensablé et les troupes marocaines y tenaient garnison (Marche verte oblige). Nous avions couché sur la place aujourd’hui bordée de magasins de souvenirs et de restaurants et lancé quelques notes de musique vers les étoiles avec le groupe Lem Chaeb qui existe toujours lui au moins comme quoi les musicos ont la vie dure !
De retour vers Zagora, repos dans le jardin du camping de l’oued Draa, son couscous, ses fèves et son petit garçon qui nous apporte le pain. Deux jours dans le calme et le silence juste le Muezzin qui s’égosille du haut de son minaret.
Personne derrière, personne devant ! La route longe la frontière algérienne. Un gros effort de mise en valeur du territoire a été mis en œuvre : forage, plantation de dattiers, coopératives agricoles et une super route toute droite... Qui aura été très abîmée par les crues d’automne : les gués ont été emportés ce qui nous oblige à des coups de frein héroïques : on élance le véhicule et soudain ! dos d’âne et piste plus que caillouteuse qui s’enfonce dans le lit de la rivière. Cette alternance nous suivra jusqu’à Tafraoute dans 4 jours.
Mais en étant attentif (beaucoup) et en roulant (très) doucement sur les parties caillouteuses, le voyage se fait bien.
Un peu avant Foum-Zguig on prend la R111 qui dans des paysages fantastiques nous promène dans les ruchers qui commencent leur récolte, des gorges enserrant un oued sec mais qui a ravagé le paysage il y a quelques mois. Aller-retour jusqu’à Tasseltif, dodo fatigué à Foum-zguig.
Foum-Zguig, carrefour au milieu d’un désert de roches, un camping qui ressemble à un camp de base d’expédition disposition anarchique des véhicules : gros six roues, camping car monumentaux qui semblent s’être trompés d’endroit. Notre petit fourgon se trouve une place dans un coin plein de verdure avec un autre petit fourgon. Coin pépère : on a même l’eau sur l’évier. Courses dans le village, on sent que les commerces n’ont pas été ravitaillés depuis un certain temps, les courgettes font pitié et les tomates auraient besoin d’un lifting.
Café, thé à la menthe au milieu du village ; il fait chaud, le soleil tape juste ce qu’il faut. Mzian !
Deux jours de repos.
| Le fameux chauffe eau berbère |
Route de Foum-Zguig à Tata
Hélas Tata n’est pas un membre de la famille mais une ville du sud du Maroc... Rien de particulier dans ces paysages grandioses. Étape de 120 km ponctuée par des passages de gués emportés par les crues. Arrêt au canyon de Tissint Belvédère qui surplombe la palmeraie, une centaine de mètres plus bas. Les arbres les petits jardins suivent le cours de l’oued Tissint résultat de la jonction d’une dizaine de torrents pour l’instant en eau.
Tata, ville poussiéreuse, grosse présence militaire avec plusieurs casernes. Le camping est rempli de monstres dévoreurs de gas-oil, refuge de caniches ou autre malinois, transportant un nombre invraisemblable d’objets divers et inutiles, passant la moitié de l’année au Maroc grâce à un prolongation administrative puisque le visa n’est que de trois mois. Après tout, mieux vaut passer l’hiver là plutôt que dans un appartement de trois pièces à Lille... Ce qui ne nous empêchera pas de visiter le souk, fruits, légumes, épices, femmes bédouines voilées, petits ânes attelés de toute éternité à leur charrette dans laquelle le proprio s’octroie une petite sieste entre deux livraisons. Bref une ville finalement attachante .
La route Tata -Igherm par le chemin des écoliers
Peut-être la plus belle route du Maroc. Un paysage travaillé par des millions d’années d'érosion, de séismes. La route -difficile- se faufile entre des montagnes qu’on dirait passées au peigne manipulé par un Gargantua local et antédiluvien. Les ombres rajoutent du relief au relief déjà marqué. Le vent a mis à jour des arêtes de pierre parallèles à la courbure du djebel. Et quelquefois -au fond de la vallée un bout de rivière fait naître une ribambelle de jardins, de plantations qui apportent la nourriture aux villages traversés- La route est souvent défoncée par les crues et nous suivons pendant plusieurs centaines de mètres une piste vaguement tracée dans le lit de l’oued asséché. Puis la route s’élance vers un col haut perché pour redescendre dans l’oued où nous retrouvons oasis et route mal en point. Pique-nique au bord d’un chemin improbable une moto passe là ; c’est tout. Des gens vivent au bout du chemin. Ils n’ont sans doute jamais vu de Cartago 12mètres.
Petite surprise à Igherm le camping attendu n’existe pas ! Nous voilà donc partis vers Tafraoute ce qui rajoute 95 km à l’étape heureusement d’une bonne route. Rencontre avec un autostoppeur qui fait la route en skateboard ! Pratique dans les descentes… mais en montée… Maroc en skate, à quand Saint Jacques en patins en roulettes ? Finalement nous amènerons le stoppeur jusqu’à Tafraoute. Et nous voilà dans un camping avec des fourgons quasi normaux. Nous y resterons quelques jours histoire de visiter les environs et de se reposer.
Bel accueil avec un verre de thé à la menthe, le tenancier est fort aimable toujours prêt à nous renseigner mais il est aussi fin cuisinier qui nous concoctera couscous brochettes et salade marocaine.
Mais me demanderont ceux qui ont suivi ce périple endiablé : pourquoi tête du lion ?
Et bien des reliefs dans la falaise surplombant la vallée rappelle (à certains moments de la journée) une tête de lion bien visible crinière et trou de nez tout y est. En tout cas les falaises sont superbes au soleil. Des ocres, des rouges, des noirs couleurs liées au différents minerais présents dans le coin : cuivre, manganèse, cobalt... Les falaises au fil du temps se délestent d’énormes blocs qui après avoir dévalé la pente se retrouvent pour l’éternité au milieu de la palmeraie.
Jour de souk à Tafraoute que de couleurs que de senteurs... Les femmes ont revêtu leurs habits bariolés, le marchandage marche fort. On marchande le prix du kilo d’orange, d’une galette, d’une poule qu’ensuite on ramènera au douar perché dans la montagne. Tout ceci fourré dans le coffre du petit taxi -en général une Renault 12 dans laquelle rentreront 7ou 8 personnes plus les cabas- On a pris le petit taxi du camping au souk, les sièges n’étaient pas fixés, la consommation d’huile moteur devait être impressionnante mais le chauffeur était charmant. Inch’allah : les vitesses grincent, les amortisseurs gémissent, le pare brise est fendu et quasi opaque. Nous arriverons entiers au centre ville pour 10dirhams (1 euro). Ces taxis aussi déglingués qu’ils puissent l’être sont les seuls liens entre les villages de la montagne et le chef lieu. Le souk est comme d’habitude divisé en spécialité : les fruits légumes et les épices, l’outillage et la ferblanterie, les vêtements, les couvertures, les chaussures neuves ou d’occasion. Plus dans la médina des babouches puisque nous sommes dans la patrie de la babouche berbère qui est arrondie du devant et tient au talon qu’il ne faut pas confondre avec la babouche arabe qui est pointue. Ignares ! Nous mangerons dans un petit gourbi de la médina qui cuisine d’excellents tajines et des brochettes savoureuses.
Jour de souk à Tafraoute que de couleurs que de senteurs... Les femmes ont revêtu leurs habits bariolés, le marchandage marche fort. On marchande le prix du kilo d’orange, d’une galette, d’une poule qu’ensuite on ramènera au douar perché dans la montagne. Tout ceci fourré dans le coffre du petit taxi -en général une Renault 12 dans laquelle rentreront 7ou 8 personnes plus les cabas- On a pris le petit taxi du camping au souk, les sièges n’étaient pas fixés, la consommation d’huile moteur devait être impressionnante mais le chauffeur était charmant. Inch’allah : les vitesses grincent, les amortisseurs gémissent, le pare brise est fendu et quasi opaque. Nous arriverons entiers au centre ville pour 10dirhams (1 euro). Ces taxis aussi déglingués qu’ils puissent l’être sont les seuls liens entre les villages de la montagne et le chef lieu. Le souk est comme d’habitude divisé en spécialité : les fruits légumes et les épices, l’outillage et la ferblanterie, les vêtements, les couvertures, les chaussures neuves ou d’occasion. Plus dans la médina des babouches puisque nous sommes dans la patrie de la babouche berbère qui est arrondie du devant et tient au talon qu’il ne faut pas confondre avec la babouche arabe qui est pointue. Ignares ! Nous mangerons dans un petit gourbi de la médina qui cuisine d’excellents tajines et des brochettes savoureuses.
Route de Tafraoute à Tiznit :
Le sale côté du tourisme au Maroc
erreur monumentale ! Non pas que la route était mauvaise. Non, il s’agit de l’étape à Tiznit : un cauchemar !!
d’abord la route tranquille, serpentant de au col en col culminant à 1100m au col de Kerdouz que les vieux camions archi chargés peinent à gravir. Des oasis dans les creux, le long des oueds plus ou moins secs, des terrasses qui peut-être reverdiront au printemps de cultures de céréales. Prendre le temps de savourer le paysage.
Et puis Tiznit... grande ville, porte du Souss, belle médina toute refaite aux commerces riches. Les femmes font leurs emplettes pour le Ramadan qui commence dans quelques jours célèbre pour ses bijoux berbères. Bref vieille ville bien agréable.
Et puis le camping municipal : une ignominie. D’abord pas de personnel d’accueil avant 15h nous attendrons donc sur le trottoir le long d’une avenue très passante risquant l’accident à tout moment.
Enfin le camping ouvre et là, nous découvrons des rangées et des rangées de camping-cars (tous français) en rang d’oignons : c’est apéro et pétanque entre copains du même bloc. Ces retraités passent là la majorité de l’année autant que leur permettent le visa de trois mois plus quelques petites magouilles pour le prolonger (sujet de discussion récurent). Ils ne bougent pas pour voir ce qu’il se passe dans le restant du pays. Ils ont leurs habitudes... le pain s’achète là et pas ailleurs etc.... en fait on vient à Tiznit pour faire entretenir son camping-car : moteur, siège, carrosserie, mécanique... On peut faire renforcer les suspensions, installer des capteurs solaires, s’équiper des dernières trouvailles électroniques, faire peindre un joli paysage du sud sur l’arrière du véhicule. Véhicule qui n’a jamais posé une roue plus loin que Tiznit. Drôle de monde qui se recrée là à l’image de celui qu’ils ont laissé en France. Les Marocains en profitent et ils ont bien raison...
Route de Tiznit à Sidi Ifni par le chemin des écoliers :
Là nous ne savons pas par où nous sommes passés. Début sur un tronçon de la nouvelle autoroute Guelmin-Agadir pas tout à fait terminée donc aucun panneau de signalisation. A l’instinct nous sortons à ce qu’il nous semblait être la bonne solution et nous voilà sur une route très belle sauf qu’un marocain nous arrête pour nous dire que la route n’est pas terminée donc demi-tour. Plus tard, nous voilà sur un chemin semi goudronné qui longe l’autoroute de douar en douar avec des panneaux indicateurs en arabe Ma foi ! Continuons Un trajet qui aurait dû nous prendre 1h30, nous prendra (avec les pauses) la matinée mais en passant par des endroits tellement beaux des oueds en eau avec une foultitude d’oiseaux. Enfin nous arriverons en début d’après midi à Sidi Ifni.
Sidi Ifni avant dernière étape :
étape au bord de l’océan après un mois de sable et de cailloux. Il fallait bien voir la mer dans ce voyage... Nous choisissons la petite ville de Tizi Ifni et son camping de Gran Canaria bien tranquille.
Beau petit village tout bleu perché au bord de l’océan Tizi Ifni ancienne ville espagnole tournée vers le tourisme surtout celui des surfeurs et des camping caristes mais l’ambiance est bien meilleure qu’à Tiznit sans doute le petit nombre de chaque catégorie et une ville très bien entretenue avec de petits jardins verdoyants, des immeubles peints en bleu et blanc
souk du samedi et dimanche. Un grand terrain où s’installent maraîchers et fripiers dans les halles se sera les pêcheurs, les bouchers. Veille de Ramadan, les Marocains font le plein. les fruits et légumes, arrivant en camions entiers se vendent à des prix dérisoires. L’effervescence habituelle et bon enfant d’un jour de marché. À surtout ne pas comparer à des courses à Inter marché. Le premier vit dans un espèce de chaos sympathique, l’autre dans un ordre tout militaire passé à l’eau de javel.
Quelques tours de roues le long de l’atlantique entre Sidi Ifni et Aglou-Plage. À Sidi Ifni, l’aire de camping car se vide. Il paraît que le Ramadan chasse les camping caristes. Bizarre, c’est une période de grand calme pendant la journée et de grande effervescence la nuit. Beaucoup de magasins sont fermés (en particulier les restaurants ce qui explique la défection des camping caristes). Nous voilà donc en train de longer l’Atlantique dans des paysages semi désertiques. Puis soudain des squelettes de maisons pas finies des lotissements désertiques et désertés, projets immobiliers avortés malgré quelques pôles d’activités somme toute assez réduits : équitation, parapentes, la baignade c’est limite l’océan est dangereux, deux dromadaires au club de Legzira et promenade sur la plage vers la dernière arche naturelle du coin. Bref pari sur l’avenir en attendant les retraités attirés par le pays, investissements plus ou moins véreux. Arrêt au camping Paradis tout neuf tout beau... Mais alors rester là deux mois comme certains ???
Le lendemain c’est l’autoroute qui nous fait remonter doucement le pays vers Ceuta première nuit sur un parking : à déconseiller, chiens en folie et routiers itou. Deuxième nuit à Larache dans une aire pratique parce que proche de l’autoroute mais à part ça... Les toilettes valent quand même le détour. Notons la traversée de Casablanca : héroïque, des camions chargés à bloc, des triporteurs sur la voie de gauche à 30 à l’heure, le coupé Mercedes d’un attaché ministériel quelconque à 120 sur la même voie, apercevoir un routier faire sa prière garé sur la voie de détresse ça vaut trois routards dans le guide du même nom. Enfin ce capharnaüm durera sur 30km puis il ne restera qu’à faire attention aux chèvres et aux piétons qui traversent l’autoroute. Demain ce sera la douane et le traversier. Deux mots sur la douane : on a eu droit au chien ; il faut dire que vu le capharnaüm qui règne dans le fourgon il n’existait pas d’autre solution. On a eu droit à l’attente de deux heures on a même eu droit à la porte de côté qui se coince quand le douanier nous demande de l’ouvrir et nous voilà à tirer à pousser mais rien n’y fait . Le douanier renonce. Et pour finir autoroute, autoroute, autoroute. IL faudra étudier le coût du voyage France Maroc par bateau...



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