Mai - juin 2015
Voilà deux mois de voyage bien employés. C'était le printemps et il fallait bouger. Mai et Juin : mois idéaux pour aller visiter nos voisins lusitaniens.
Ce sera un voyage de pierres, de mer et de rencontres.
Première chose : si vous n'aimez pas l'art baroque, allez ailleurs : une, deux, trois églises et leurs Jésus en plâtre... bon, ça suffit
Le long de la frontière s'égrainent un ribambelle de places fortes toutes plus belles les unes que les autres -guerres avec les voisins Espagnols obligent- certaines sont en ruine, perchées au sommet d'une colline : ce sont les plus étonnantes. On y trouve toujours dans un coin de mur, une gargouille, un portrait laissé là par un sculpteur qui en avait peut-être assez de l'architecture militaire.
Il faut y monter à pied donc après la sieste. D'autres se noient dans le village qui s'est développé autour ; les ruelles empruntant les portes fortifiées, les maisons s'appuyant aux remparts, les figuiers de barbarie s'accrochent dans les interstices ouverts par le temps.
Les pierres sont partout dans le paysage portugais et pas des petites. Je ne parlerai pas du schiste de la vallée du Douro que des générations de pauvres bougres ont sorti des flancs des collines pour que le monde entier boive un petit porto à l'apéro (et bien si, j'en ai parlé !)
mais aussi toutes les pierres levées que l'on découvre toujours dans des endroits superbes avec vue à 360 degrés : menhirs, cromlechs, dolmens
Egalement les animaux gravés de la vallée de la Coa : chevaux, chèvres, bouquetins, poissons représentés avec précision par les artistes dans la pierre le long de la rivière.
Encore des pierres, cette fois ci romaines sur le site de Coinimbriga.
à parcourir au coucher du soleil en imaginant la vie de cette cité si loin de Rome. Le site a été brillamment pillé par les armées napoléoniennes mais les ruines de pierres et de briques, les mosaïques, la maison des fontaines, tout cela donne une idée de la prospérité de la région.
Des pierres partout sur la Serra da Freita
en dessus d'Arouca ... On croirait le Larzac (ça m'évite de décrire) : ponts de pierres sur des petits ruisseaux. Là aussi, menhirs et pierres levées bien sûr ; c'est magique cet endroit désert avec une vue à 360 degrés et le brouillard qui monte lentement de la vallée. C'est un lieu d'élevage où vous pouvez marcher plusieurs heures sans rencontrer un autochtone.
La mer
C'est quand même bien présent au Portugal !
C'est elle qui a fait à une époque des Portugais les maîtres d'une grande partie du monde. Bien sûr l'Algarve au sud. Alors imaginez un point bleu entre deux immeubles : voilà l'océan. L'Algarve, c'est la Costa Brava : béton et surpopulation. Fort heureusement, début mai ce n'est pas trop fréquenté ce qui nous permettra quelques belles surprises : Las Cabanas et sa lagune, Lagos et ses superbes falaises rouges que nous parcourrons un soir accompagné d'un pêcheur bavard, le cap Saint Vincent, fin de la terre. Le coucher de soleil indique l'Amérique.
Puis nous remonterons la côte tranquillement vers le nord empruntant le maximum de pistes afin de trouver des coins tranquilles surplombant l'Océan. Notre plus grande étape : 3 km dans la journée tellement chaque lieu offre une surprise que l'on prend le temps de savourer. A Cabo Sardao, nous suivrons le vol des cigognes qui nichent dans les falaises et nous passerons la nuit au pied du phare.
Le lendemain, un peu plus loin, les tribus de surfeurs jouent avec les grandes vagues. De beaux villages où flâner tout le long de la côte tant qu'on ne se rapproche pas trop de Lisbonne...
Peniche, avec la seule allusion à la dictature de Salazar que l'on trouvera pendant tout ce voyage : une expo sur les prisonniers d'opinion, installée dans les bâtiments mêmes où ils étaient détenus. Les cellules se succèdent : sordides. Ce temps peut revenir...
Et encore...
Afin d'éviter Lisbonne où nous avions passé une semaine il y a peu, nous piquons vers le centre et Evora, belle ville touristique où les ruines romaines côtoient la cathédrale gothique. Nous lui préférerons le reste de cette grande région que l'on appelle l'Alentejo.
la plus sauvage du pays avec ses collines couvertes d'oliviers, aux troupeaux de moutons chômant à l'ombre des chênes-lièges.
Le grand barrage sur le Rio Guadiana qui sépare le Portugal de l’Espagne a apporté un peu de fraîcheur dans ce paysage brûlé. Il a aussi changé les pratiques paysannes puisque avant cela, les deux cultures dominantes étaient l'olivier et la vigne ; deux plantes ... qui n'ont pas besoin d'eau. Alors on regroupe les terres pour planter des céréales que l'on arrose à longueur de journée. Disparition de la petite paysannerie, et même des ouvriers agricoles puisque tout ceci est mécanisé - j'ai vu des oliviers de deux mètres de haut cultivés comme la vigne et ramassés à la machine. plus besoin de main d'oeuvre - je ne sais pas comment on dit "Pôle emploi"en portugais. Bref...
Egalement le village de Luz qui a eu la mauvaise idée de se retrouver submergé par la montée des eaux du barrage.
Les autorités ont donc déménagé tous les habitants vers un nouveau village plus haut, tout neuf. Tellement neuf qu'il n'a plus d'âme : rues au cordeau, place publique bien propre et personne... Où sont passés les habitants ? Mystère... Je passe.
Alcobaça et sa cathédrale cistercienne : une splendeur
La perspective du transept vous laisse sur le cul. A visiter vers 14h : il n'y a personne. Les deux tombeaux de marbre d'Alphonse IV et d'Inès de Castro laisse pantois (si, si)
Coimbra : pas trop aimé cette ville universitaire depuis le moyen age où les traditions estudiantines essayent de cohabiter avec modernité : uniforme, thèses soutenues dans la chapelle (!) rites de bizutage... Je suis septique. La vieille ville est animée : musique et spectacles de rue allègent un peu l'ambiance. La bibliothèque énorme et si célèbre, contient des manuscrits antédiluviens. Sa visite sera décevante : nous n'y verrons même pas un bouquin de près... un comble !
On nous avait dit : pas de camping sauvage au Portugal et bien non, nous avons trouvé de jolis coins au bord de l'eau, de la mer sans aucun problème où nous rencontrions d'autres voyageurs ce qui donna lieu à de belles discussions.
Toujours avoir une petite bière à partager dans son véhicule !
quelquefois c'est en achetant le pain que les gens s'adressent à vous et cela finit devant un petit café ou au détour d'une rue. Les anciens parlent français -émigration oblige- les jeunes parlent anglais -mondialisation oblige-
| Aldeia de Terro : un couple caricature la société portugaise en construisant des milliers de figurines en terre. |
Pas de visite du Portugal sans parler de Fatima : donc je n'en parlerai pas.
itinéraire : arrivée par Badajoz (Espagne) ALENTEJO : Elvas
Vila Viçosa, Rosario, Monsaraz
Mourao, Beja
Moura, Serpa
Mertola
ALGARVE
Villa real de Santo Antonio, Cabanas
Faro
Portimao, Lagos
Sagres , Cap Sao Vicente
COTE OUEST:
Carapateira (plages de Bordeira et d'Amado)
Aljezur (plages de Amoreiria d'Arrifana), Odeceixe, Zambureira, Vila Nova de Milfontes, Cabo Sardao
CENTRE : (après petit détour vers Evora)
Alcobaça
Peniche et les îles de Berlingha
Batalha, Fatima, Tomar, Conimbriga
Coimbra, Parc du Buçaco, Serra da Freita, Lamego, vallée du Douro, vallée de la Coa
Puis Espagne et retour...






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